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<title>Chez Sophie</title>
<description>Pour bien occuper son temps de cerveau disponible</description>
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<lastBuildDate>Fri, 20 Nov 2009 11:01:32 +0100</lastBuildDate>
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<title>Ecrire à la hache</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Sophie)</author>
<category>Blog</category>
<pubDate>Wed, 18 Nov 2009 12:07:00 +0100</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/02/02/1819278385.jpg&quot; id=&quot;media-2108589&quot; alt=&quot;haches.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2108589&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Un souvenir de grâce, précieux petit morceau de durée et de conscience, s'écrit non pour le conserver, l'esprit étant cathédrale de mémoire qui n'oublie qu'à grand peine, non pour l'épingler comme papillon de collection d'un maigre trait descriptif. On l'écrit pour en sucer plus lentement la moelle, le jouer sur une scène moquettée de mots d'émoi, le repeindre de frais en crayons suaves, ou le poser sur une page souple comme tapis volant pour y balader un peu l'esprit des autres...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Mon fils a trois ans, cet âge de petit pain chaud où l'enfant absorbe jusqu'aux os l'amour qu'on lui tend d'un cœur ravi. Je l'emmène se promener, comme chaque jour, en lui fredonnant un lai de mille ans, au flanc bienveillant de la montagne qui abrite le petit chalet de bois verni, bravement planté à 1700 mètres d'altitude, où je vis avec son père, nos trente ans et nos trente chiens de traîneaux. L'automne respire tranquillement en sa fin toute proche. Une source translucide et glacée jaillit en vocalises de cristal de la prairie où nous nous arrêtons. La jeune chienne samoyède, blanche et douce comme le parfum de laine de sa fourrure, danse et jappe de gaieté. Autour de nous, se déploient la vastitude de la vallée, la netteté des crêtes, la rousseur tendre de la forêt de mélèzes, la fraîcheur des jours annonciateurs de neige. Mon enfant contemple gravement cette splendeur qui touche jusqu'aux larmes du ventre et nous embrasse tous deux. Dans ses petites mains écartées en étoiles et serrées l'une contre l'autre, repose une dernière orchidée sauvage oubliée par le froid. Sa joue de pastel, ronde, parfaite, se découpe sur le paysage, une mèche fine s'arrondit vers ses yeux, se prolongeant dans l'arc précis de ses cils, en harmonie plus profonde encore que la beauté des sommets. Je suis alors saisie d'une joie si dense qu'elle s'enroule aussitôt en manteau d'éternel. Tous les instants ultérieurs de ma vie, je l'apprends là par évidence, ne l'égaleront jamais.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;i&gt;La phrase la plus tendre doit s'écrire à la hache&lt;/i&gt; », pose Christian Bobin, le sorcier des mots, dans son &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Gallimard&quot; href=&quot;http://www.gallimard.fr/catalog/entretiens/01067161.HTM&quot;&gt;dernier opus&lt;/a&gt;. Or donc je m'y essaie, sans trop savoir ce qu'il en coûte, sans trop juger ce qu'il en goutte, creusant, pour ciseler le souvenir, dans la chair de cette joie dont la force même fut pour moi douleur. Je m'y essaie un peu,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;avec la sotte prétention peut-être qu'elle en est digne un brin,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;pour l'entourer d'un écrin de plume que je suspends à ce léger fil, sur lequel d'autres yeux aimablement se posent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Yeux qui regardent aussi, à l'aventure ou à l'habitude, leurs propres mains palpiter pour écrire; des notes, des idées, des vers, des histoires, des réflexions, des cris, des colères, des tendresses ; une fois, quelquefois, souvent, tous les jours ou toutes les nuits. Etres finis, nous traçons des lettres et des mots en nombres finis, mais c'est une diversité infinie qu'à nous tous, les vivants et les morts, nous enfantons. Nous écrivons ce qui est échu, en nous ou autour de nous, mais assurément aussi ce qui ne sera jamais : nous écrivons les souvenirs d'esprits qui n'existent qu'en l'abri du nôtre. Nous sommes des récits de peau qui inventons des récits de possible.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;On écrit pour soi, seul à jamais dans le fond de son être, des choses adonnées aux tiroirs, que liront seulement, peut-être, un fils, petit-fils ou collatéral, un soir prochain où nous ne serons même plus des ombres, un matin lointain où nous ne serons même plus des noms; il s'en émouvra ou s'en moquera, selon la sensibilité, la curiosité, la cruauté du temps.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;On écrit pour les autres, en imaginant un collier de visages travaillés par nos mots, des choses espérées laisser quelque trace, que liront peut-être d'inconnus amis tentés d'écouter notre voix d'encre leur parler un peu, d'un chuchotement de page qui se tourne, des heurs, malheurs et énigmes de notre humanité commune, de l'opacité et de l'étendue des choses.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;J'écris pour moi, pour vous. J'écris parce que juchés sur l'épaisseur de nos mots, ces petits paquets troublants poursuivis, retenus, meulés, ajustés jusqu'à la vérité, on est un peu plus grand que soi. J'écris pour la solitude et le partage, la nostalgie et l'empathie, pour mieux jouir de l'image du monde, le voiler et le dévoiler. J'écris par fidélité à ce qui demande à sortir du silence.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Mais j'écris aussi pour ce qui ne pourra jamais l'être; on ne peut presque jamais écrire les choses indicibles; de ces choses où le tremblement de larmes d'enfant brûle à l'acide un cœur de mère.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Alors j'écris pour ne pas les geindre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Un mètre soixante-huit de chose en soi</title>
<link>http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2009/10/16/un-metre-soixante-huit-de-chose-en-soi.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Sophie)</author>
<category>Blog</category>
<pubDate>Fri, 16 Oct 2009 16:12:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/02/00/444459595.jpg&quot; id=&quot;media-2044907&quot; alt=&quot;sadness.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2044907&quot; /&gt;Il est des matins pâles où une brume trop lente accrochée à mes cils, je me pique le doigt aux clochers pointus. C'est une douleur si douce que pour en pleurer il faut se déguiser de pluie; tandis que des gouttes minces comme aiguilles molles jouent à se jeter au sol en glissant sur mes joues, j'inspire à petits coups tranquilles un esprit silencieux de gris fondu, de vert trempé, de pommes à cidre et de renard feutré. Un paysage ni grandiose, ni tragique, dépourvu de laideur comme d'enthousiasme, tissé de la nostalgie subtile que soufflerait à quelque oreille attentive le ronflement régulier d'une cheminée de pierre ou la gravité simple d'une &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Viole de gambe, brouillard et nostalgie&quot; href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2007/11/26/viole-de-gambe-brouillard-et-nostalgie.html&quot;&gt;vieille viole de gambe&lt;/a&gt;. Un pays sans âge qui délicatement s'excuse, avec une grâce surannée, de n'être pas plus beau. Un pays pour philosophe parce que seuls s'y admirent les fugaces et merveilleux petits détails du monde auxquels nos yeux et rien d'autre confèrent sens et beauté. Un pays sérieux, où l'on travaille bien à l'intérieur de son cœur et de sa maison parce que l'extérieur, aqueux, vague et venteux, y est inclément - le soleil, fêtard cru et trop érotique, ne s'y plaît guère. Même lorsque son ciel timide, en quelque occasion d'été, ose enfin déposer ses hardes, il ne saurait se résoudre à usurper un authentique manteau de roi. Le bleu, la liberté ou l'amour, on les suggère, on ne les force pas.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Ces matins, figés en une sidération muette, comme les haies raidies de leurs arbres emmurés, s'en viennent étroitement enlacer les regrets, et la tristesse invitée se fait couche accueillante où je m'abandonne. J'y entre doucement, sans franchir le moindre seuil, car un temps de passage, inquantifiable et insconcient, m'y conduit. Ni désespoir fétide au couvercle noir, ni angoisse effrayante aux cheveux de serpents; rien pour grimacer, sangloter, se frapper le front, se haïr le moi, se tuer un peu. C'est un nuage confortable, un édredon chaud ; on s'y roule, réfugie, acclimate, anesthésie, atrophie. La pensée lentement s'assoupit, le corps freine, la bouche ploie, les yeux à demi fermés perdent le reflet des fenêtres. On sent que l'on vit mais en soupir, en sépia, à pas de loche, en quart de ton, en mode stase... On n'est pas très bien, mais on n'est pas très mal, alors on y trouve du bon... Même la mémoire, cette furie aux deux visages, commence à somnoler dans un angle de soi : a-t-on un jour résonné d'exaltation ou de chagrin ?... A-t-on lui, a-ton ri, couru plus vite que sa vie, doré par la passion d'un visage ? Glapi comme un chien sous les morsures d'un loup ? Ressemblé à une aile folâtre de papillon ou un bloc dense de misère ?... Certainement, mais envahie d'oubli par la fatigue grise, il me semble perdre jusqu'à la connaissance de l'endroit de mon esprit où appuyer pour souffrir ou pour rire encore... L'existence suffit, l'Etre est parfait, se dit-on alors en stoïcien d'occasion.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Tissée de cette tristesse, peinte à ce pessimisme, voilà même que je trouve des grâces à Schopenhauer, le grand philosophe dépressif qui nous gifla d'un sec «&amp;nbsp;&lt;i&gt;la volonté singulière d'un individu n'a qu'une existence illusoire, elle est de toutes parts immergée dans le jeu infini et absurde d'une réalité qui la dépasse et finit par la détruire&lt;/i&gt; » (&lt;i&gt;Le Monde comme volonté et comme représentation&lt;/i&gt;). Je me laisserais presque séduire par ses conseils en renoncement : veut-on une méthode pour se libérer de la tyrannie de la Volonté, ce vouloir-vivre qui anime toute chose jusqu'au plus infime élément chimique, cette puissance aveugle et inconsciente de la vie dont nous sommes les pantins et qui nous laisse toujours insatisfaits puisqu'elle ne tend à rien d'autre qu'à sa propre affirmation ?... Alors il faut opter pour la contemplation esthétique et désintéressée du spectacle de la nature, et l'élimination du désir, ce maître insatiable. Je caresse cet idéal d'ascétisme en me laissant dériver, portée par la ténacité des nuages et la monotonie cristalline du son de la rivière, vers l'envie de rien et la jonction au tout...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Mais que fait Schopenhauer de ma carcasse, encore hésitante à se noyer dans cette douce liquéfaction bouddhique ? J'apprends que ce corps lui-même est instrument de révélation, source de compréhension de l'Etre : ce que nous percevons par notre expérience du monde, ce sont les phénomènes, les représentations subjectives, et non les choses en soi, postulait Kant; mais notre corps n'est pas un simple phénomène, poursuit Schopenhauer, puisque nous en avons une expérience interne, une connaissance immédiate. Rentrant en nous-mêmes, nous pouvons ainsi percevoir que cette petite chose en soi qui est notre être se manifeste principalement comme vouloir-vivre; partant de là, nous comprenons que tout ce qui existe est de même essence. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Le corps entier n'est que la Volonté - objectivée, c'est-à-dire devenue perceptible&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;» Par conséquent, pensée et corps ne font qu'un; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;l'acte volontaire et l'action du corps ne sont pas deux phénomènes objectifs différents, reliés par la causalité. (...) Ils ne sont qu'un seul et même fait; seulement ce fait nous est donné de deux façons différentes : d'un côté immédiatement, de l'autre comme représentation sensible&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Cette indulgente réhabilitation de mon mètre soixante-huit de chose en soi me sort inopinément de mon bain poisseux de torpeur; l'implication que j'y vois, me suggérant de fixer Schopenhauer dans les yeux pour finalement le contourner, me frotte le cuir : on ne se sauve pas seulement par la tête, mais aussi par le corps. Mon esprit, dont je m'étais minutieusement entraînée à faire une forteresse, me repliant, lorsque le reste fait mal, dans le donjon imprenable de mon intellect, la chambre blindée des concepts, s'est laissé malgré tout inondé, le traître, par l'eau indifférente de la petite mort par habitude. Mais puisque mon corps est la représentation sensible de mon esprit, je lui offre la direction des opérations et le soin de représenter une apparence. L'esprit est l'idée du corps, prétend aussi Spinoza ? Suis-je donc mon corps ? Voyons cela. La tête baissée, le menton en avant, les épaules dégagées, les yeux levés jusqu'à la limite des possibilités de la gymnastique oculaire, répétant tout haut que les coups nous renforcent au lieu de nous abattre, on n'est plus guère image de tristesse... Mais peut-être spectacle de sottise : je me trouve si grotesque, telle une Carolyn Burnham (de l'excellent &lt;i&gt;American Beauty&lt;/i&gt;) hurlant en boucle «&amp;nbsp;&lt;i&gt;I refuse to be a victim&lt;/i&gt; » sur une cassette de coaching, que j'en ris...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Le subterfuge n'est donc pas si vain : mieux vaut l'auto-dérision que l'auto-apitoiement. De cette onde de colère jouée, je parviens à conserver le sentiment qu'aucune morsure de loup ne démantèlera jamais l'intégrité de mon esprit, prévenu contre le pourrissement interne de l'insidieux dégoût. Je laisse Schopenhauer déprimer tout son soûl; ma volonté n'est pas plus illusoire que le monde ! Je sors pour vérifier comment cette humeur s'oxyde à l'air. Je me pique encore à un clocher pointu, mais je suce la larme de sang. J'ai un peu froid, mais je ne sais plus où j'ai posé mon édredon chaud. Au cœur d'un nouveau matin pâle, j'enfouis mon visage dans les nuages puis l'essuie pour en nettoyer les traces, car j'ai compris qu'il nous faut accepter cette vérité-là : on n'est pas fait seulement de ce qu'on a, mais aussi de ce qu'on a perdu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Pour le loup un son de fée</title>
<link>http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2009/09/25/pour-le-loup-un-son-de-fee.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Sophie)</author>
<category>Poèmes et dessins</category>
<pubDate>Fri, 25 Sep 2009 09:55:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/01/02/1862365847.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/01/02/16033604.jpg&quot; id=&quot;media-1999398&quot; alt=&quot;corps - copie.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1999398&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Pour le loup&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Des pieds pour bien s'enfoncer en tapis de terre,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Des mains pour abriter un pétale, une paume,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Un visage pour voir la vérité de l'autre,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Je les ai demandés au verre longtemps fendu,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Au fil trop tendu qui lâche, à la chair hachée,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Au bateau qui renonce, à l'idole écrasée.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Ils n'ont rien offert que petits pots de soupirs.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Ma voix s'est donc tue, on se tue si rien n'écoute.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Mais mon cœur attend car un seul sait le toucher,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Ce grand loup noir qui trotte en sombre solitude,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Griffé de combats, fors la flamme en ses yeux ambre,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Et qui m'ouvre le royaume de sa toison chaude.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/00/00/481440437.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/00/00/294211407.jpg&quot; id=&quot;media-1999403&quot; alt=&quot;plissés3 - copie.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1999403&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Un son&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Je sais ce qui palpite et je sais le donner.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Un souffle d’air souple, un éclat de pensée vive,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Un sourire qui se tend, une onde à peau humide,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Un frisson de ventre, un cil froissé qui se meurt,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Une veine qui scande, un geste rond qui s’ouvre,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Une mousse de temps, un don de soi moiré,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Une attention dorée aux lueurs du matin,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Un sentiment qui prend sens et jamais ne ment,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Qui tient bon à la houle, à la peur, au vent froid,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Ni changeant ni caprice, battement sincère.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Je l’ai enfanté pour lui qui l’entend vibrer.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/00/02/1413611965.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/00/02/2074433839.jpg&quot; id=&quot;media-1999416&quot; alt=&quot;fée2 - copie.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1999416&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;De fée&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;L'oreille, fine assez pour la brise muette,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;La caresse, posée si légère qu'elle en tremble,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Les yeux, perçant le noir, allumant une aurore,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;L'innocence, qu'on heurte mais qui ne rend pas,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;La patience, berçant les heures aux chants d'aile,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;La sagesse, qui sait, qui sent, qui tient, qui porte,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;La force, enroulée en cordes nues de cheveux,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;La fougère, chambre de vert et lit bruissant,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Le sortilège, cercle de feuilles et ferveur,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Un esprit de fée se tend doucement vers toi.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Récit en mineur</title>
<link>http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2009/08/30/apologue-du-lardon-grille.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Sophie)</author>
<category>Blog</category>
<pubDate>Sun, 30 Aug 2009 15:06:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/00/02/1477066205.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/00/02/1352368515.jpg&quot; id=&quot;media-1951651&quot; alt=&quot;charles curran.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1951651&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Une chambre aux volets clos. Un lit d'enfant aux couvertures remontées, si soigneusement bordé qu'on le dirait vide. La fillette qui y dort gigote bien peu dans son sommeil. Elle ne dérange d'ailleurs rien ni personne. Surtout pas sa mère, qui dans la chambre d'à côté, pleure, lit, dort par défaut. Elle s'applique à ne jamais rien lui demander, à ne lui exprimer aucun menu désir, aucune légère exigence d'enfant&amp;nbsp;; tout ce qu'elle pourrait souhaiter, lui semble-t-il, viendrait alourdir le fardeau quotidien et apparemment accepté de sa mère, s'ajouter au labeur d'ilote qui lui semble par fatalité dévolu&amp;nbsp;: endosser la présence d'airain de son père, ce petit être lourd comme un tyran, égoïste comme un soleil, tueur d'esprit.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;L'enfant ne sait pas, assurément, qu'on pourrait le juger coupable de harcèlement, torture morale, et autre artisanat de la destruction d'autrui&amp;nbsp;; cela lui servirait bien peu, de toute façon, d'apprendre que son père est condamnable au regard de quelques spécialistes des relations humaines. Pour elle, c'est simplement une bête cruelle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Elle l'a compris avant même de savoir mettre beaucoup de mots dans sa tête. Elle n'en laisse rien paraître. Pour les autres, c'est une enfant parfaite. Mais l'intérieur de son être encore neuf se consume d'une brûlure qu'elle ne sait pas nommer. Mesure-t-on la désolation des enfants trop immatures pour verbaliser leurs peines, pour se sauver par le langage ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Elle n'a donc que les cauchemars. Elle en fait presque chaque nuit. Aussi répugne-t-elle à s'endormir, sans l'avouer évidemment puisqu'elle se fouette l'échine à passer dans l'enfance sans contrarier quiconque. Elle s'essaie, seule dans l'obscurité, à tenir sa conscience et ses yeux ouverts, mais elle est trop jeune encore pour l'insomnie et son corps la vainc rapidement. Quelquefois, quand elle parvient malgré tout à rester éveillée, elle se lève et s'en va, à petits pas nus et sournois, le long du couloir aux pieds glacés, épier le mystère des adultes assis dans le salon devant le poste de télévision ou le silence opaque de leur mésentente. Il lui semble que vus de dos, ignorant sa présence, leur regard de ronce ou de lac momentanément absent, ils trahiront peut-être un jour les raisons noires qui les font si mal vivre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Presque chaque soir, en se couchant, elle prie Dieu, selon les formules ânonnées dans cette offense à l'éducation qu'on appelle une école catholique. Elle commence par prier sagement pour ceux qu'elle aime beaucoup, ce qui fait peu de monde, et pour les pauvres. Puis elle prie pour que son père disparaisse. Elle mesure bien la vilénie de cette demande, mais elle doute, de toute manière, de l'efficacité de ses prières. Dieu lui paraît beaucoup trop occupé, à surveiller l'univers, pour se soucier des souhaits d'amour ou de mort d'une enfant seule dans son lit familier.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Les deux cauchemars les plus fréquents concernent sa mère. Dans l'un, elle se voit avec elle sur une plage, englouties toutes deux par une vague immense, et le dernier regard que sa mère lui lance avant qu'elles ne soient happées est une déflagration de détresse qui explose à sa conscience soudain attisée. L'autre fable symbolique n'a pas davantage pitié d'elle&amp;nbsp;: dans une pièce carrelée d'un jaune malveillant, elle assiste, impuissante et figée, au meurtre de sa mère par son père, une mise à mort d'abattoir avec dépeçage et couteau. Des nuits de tombeau, trop adultes pour une ou deux toutes petites poignées d'années.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Ces cauchemars l'éveillent en la giflant d'une terreur glacée, qui lui refuse tout mouvement et jusqu'à la possibilité d'un cri, mais jamais elle n'appellerait. Elle est seule pour guerroyer contre la peur, pour lui enjoindre de s'éloigner. Sans le savoir, elle apprend ainsi à supporter la solitude indépassable de l'être, à se construire en tant que sujet, à ne pas quêter dans le regard d'autrui la permission de vivre ou de choisir. A ce moment, cependant, cette victoire d'équilibriste est encore loin d'être acquise.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Mais il y a l'amour, têtu, prudent, grattant doucement à la porte&amp;nbsp;: sa mère l'aime immensément, à sa façon inquiète, tendre, dépressive, soumise. Son père l'aimerait à sa façon de propriétaire de chiot attendrissant qui réussit des tours, de marionnette fétiche dont on commande bras et jambes. Il n'a pas compris que son enfant ne devrait pas être le pantin de Gepetto, ni son épouse un docile décrottoir à semelles&amp;nbsp;: cet homme cultivé et professionnellement brillant est en amour un complet analphabète. La bête a probablement été rendue cruelle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;La fillette ne pleure jamais. Elle sait si bien se contenir qu'elle ignore si elle possède quelque part une source de larmes. Elle fait bonne figure en toutes circonstances. Ses résultats scolaires sont excellents. Elle volette avec application sur les touches du piano et le parquet des cours de danse. Ses doigts sont agiles et ses pointes bien tendues. Fort polie, elle parle posément, sans timidité, le regard droit comme une flèche. Elle attire à son père nombre de compliments qu'il ne mérite en rien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Mais personne n'a compris pourquoi, de temps à autre, elle mutile calmement ses poupées à coups de ciseaux. Personne ne s'est aperçu qu'elle s'applique parfois tout autant, sous prétexte de se promener avec eux dans la cour de l'école, à serrer les mains des plus jeunes bambins de maternelle jusqu'à les faire pleurer. Elle souffre pour le petit qu'elle martyrise, s'en déteste, mais une force féroce ferme ses doigts en étau, tandis qu'elle se sent couler à pic dans l'innocence stupéfaite et trempée qui la fixe de ses yeux agrandis. Personne ne lui a dit que si la violence ouatée qu'on lui fait entrer dans la gorge ne s'échappait de temps à autre de son corps, elle l'étoufferait jusqu'au coeur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;***&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Plus le temps éloigne de l'enfance, plus elle prend sur le filtre de la mémoire des couleurs avariées, signes d'une part notable de toxicité&amp;nbsp;; il faut pour cela porter le nombre exact de décennies nécessaire à l'acquisition du goût pour son passé comme des instruments pour le critiquer. Plus jeune, on est trop occupé à jouir de sa liberté neuve pour s'attarder à autopsier les années où l'on en était dépourvu&amp;nbsp;; plus vieux, le niveau de nostalgie monte au point de submerger la lucidité&amp;nbsp;et de faire de l'enfance un paradis englouti, fut-il factice.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Peut-être fait-on tous un jour un récit d'enfance, que ce soit à la première ou à la troisième personne, par écrit ou en paroles, pour établir une distance salutaire, imaginer qu'il s'agit d'un autre, le parer d'un quelconque sens, en clore le chapitre, pardonner aux invariants de la nature humaine et pointer la part culturelle profondément corrigible. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Tout blesse, le souvenir est une plaie purulente&lt;/i&gt; », écrivait Nietzsche (&lt;i&gt;Ecce homo&lt;/i&gt;). Voire... Peut-être devient-on véritablement et sans recours adulte lorsqu'on cesse d'en caresser jusqu'à la cicatrice.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Le coeur de la forteresse</title>
<link>http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2009/07/28/le-coeur-de-la-forteresse.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Sophie)</author>
<category>Blog</category>
<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 16:09:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/00/00/1130469122.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/00/00/1254665843.jpg&quot; id=&quot;media-1898584&quot; alt=&quot;Krak des Chevaliers.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1898584&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Vivre signifie se mouvoir, emprunter un chemin, être engagé dans un processus temporel. La pensée bute pourtant sur le temps, cette dimension invisible qui profondément nous pétrit, nous fait naître et nous tue, dont on peut appréhender les effets, jamais l'essence. Mais à l'intérieur de notre corps, ce temps discret se fait chair : le cœur le scande en petits battements têtus. Oreilles bouchées, paume sur la poitrine, on écoute ou l'on touche la cadence sanguine de nos intimes secondes; on mesure la vie qui coule, qui parcourt sa durée inconnue, à infimes degrés s'épuise, et le cœur périssable nous martèle qu'il n'y a que cela, rien que cela, ici et maintenant, ce présent parfait parce qu'il n'y en a pas d'autre, aucun ailleurs différent, aucune autre réalité pire ou préférable. Cette humaine finitude n'est cependant pas misère, manque ou défaut par rapport à un introuvable Absolu divin - a le premier postulé Kant -, mais condition même de notre perception, par conséquent de notre réflexion. Notre sensibilité n'est donc pas l'origine regrettable d'erreurs de l'esprit, mais le matériau de construction de l'esprit. Elle est racine, non parasite.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Ainsi sommes-nous bâtis pour saisir le provisoire de l'être, en ressentir de l'effroi et par intermittences le perdre. Mais sous le tapis épais des soucis et des jours, nous oublions aussi combien il faut nécessairement goûter ce présent unique, sans se projeter sans cesse dans le futur, le non advenu, le néant, sans oblitérer la suave fugacité de l'instant à force de compter sur la teneur de tous ceux qu'on n'a pas encore vécu. Le bonheur est un idéal de l'imagination, non de la raison, affirme Kant. Considérer principalement ce qui manque rend aveugle à la compréhension de ce qu'on est. Remettre à chaque lendemain la jouissance de vivre revient à hâter son absence, puis à ne savourer que bien peu et trop tard, en le barbouillant de regrets, seulement ce qui a fui; alors «&amp;nbsp;o&lt;i&gt;n ne vit pas pour vivre, mais pour avoir vécu, c'est à dire pour être plus proche de la mort&lt;/i&gt; », déplore le philosophe et romancier italien &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Philosophie Magazine&quot; href=&quot;http://www.philomag.com/article,entretien,le-present-est-tout-ce-que-nous-avons,935.php&quot;&gt;Claudio Magris&lt;/a&gt;. Mais en prenant quelques leçons pratiques chez Epicure - les philosophies antiques étant avant tout des modes de vie -, on fait l'apprentissage concret du consentement à l'instant. Puisque le hasard, la contingence sont les conditions du monde, le simple privilège d'exister fournit de quoi durablement se réjouir, coïncider harmonieusement avec soi sans aspirer à plus. Nourrir la pensée en cultivant le goût du présent, de la joie, de la beauté ; utiliser notre raison pour identifier le nécessaire, apaiser l'impatience de l'espoir et l'insatisfaction du désir, être enfin ''présents'' à nous-mêmes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Entre se satisfaire de peu et se contenter de rien, jouir de la simplicité de l'instant et s'assujettir à n'importe quelle incidence, la lisière n'est toutefois pas toujours bien nette. La paix existentielle du &lt;i&gt;Carpe Diem&lt;/i&gt;, dès qu'on franchit le seuil des stoïcismes - le laïc, qui encourage à supporter calmement toute souffrance, ou les religieux, qui promettent une absurde compensation post-mortem à qui aura en masochiste chéri sa misère -, prend un désagréable arrière-goût de soumission, particulièrement lorsqu'on aborde les prolongements collectifs des questionnements individuels.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Alors comment cheminer entre sagesse et résignation ? Entre sérénité et renoncement ? Entre peu vouloir et tout accepter ?...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Se projeter dans l'avenir est une des pierres angulaires de notre conscience : nous ne sommes pas prisonniers du temps de l'expérience, contrairement à l'animal, coincé dans un présent immuable ; l'évolution génétique n'est pas l'histoire. Jouir seulement du présent est un bonheur non humain. S'imaginer un destin, se placer dans le récit de ce qui n'existe pas encore, fait partie de la puissance d'être de l'homme. S'il en est empêché, s'il se trouve par exemple maintenu dans le temps indéfini de la survie quotidienne, géhenne perpétuellement réinitialisée, son humanité est écornée - la pitié de droite nourrit éventuellement le SDF, l'abriterait de force comme un chien en refuge, confortablement vautrée sur l'inégalité qui le produit -. L'individu a des conditions de possibilités; il lui faut des supports objectifs - et notamment des droits sociaux - pour exister sans être soumis à autrui ou à la quête permanente de subsistance. Sans quoi l'existence n'est plus une trajectoire personnelle dont on peut faire sens, mais une accumulation absurde d'instants pénibles.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Dans notre monde où nous sommes les premières générations, depuis l'invention du nucléaire, depuis le constat de la préapocalypse environnementale, à craindre à bon droit une prochaine extinction humaine et à devoir tenter de l'empêcher, se polariser sur le présent pour tranquillement en jubiler est une attitude socialement myope et politiquement conservatrice. Le présent est précieux lorsqu'il est globalement acceptable ; mais sacraliser n'importe quel réel revient à instaurer une dictature de l'instant qui fige la dialectique historique et légitime les systèmes de domination. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Nous avons besoin d'une pensée utopique qui soit tout à la fois anti-totalitaire et non sceptique&lt;/i&gt; », proclame Claudio Magris. Négliger de conjecturer sur les conséquences de nos actes, liquider d'un méfiant haussement d'épaule toute possibilité révolutionnaire de transformation de nos sociétés, sont des fléaux mous qui nous tueront peut-être. L'épicurien moderne, adepte fondé d'une faible consommation, ne peut prôner la décroissance sans omettre de pointer que nous sommes extrêmement inégaux devant le raisonnable à atteindre : le miséreux est un stoïque forcé, le nanti un hédoniste volontaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous avons besoin de la subtilité de l'équilibre, de la justesse du mixage. La pensée et la connaissance - a fortiori l'opinion -, explique Kant, ne sont pas contemplation passive d'idées qui leur sont préexistantes, mais actes de construction permanente qui ne doivent jamais se couper de l'expérience. Or celle-ci nous amène forcément le désenchantement : exister est une perfection, mais aucun parcours individuel, aucune communauté, aucun système n'est parfait; il faut continuellement amender l'organisation politique et sociale, se colleter au réel pour l'améliorer. L'espoir est une passion triste, nous prévient Spinoza, car il se couple toujours du désespoir justifié ou fantasmé du présent, et de la crainte d'un avenir où ce que nous désirons n'adviendrait jamais. L'idéalisme individuel ou collectif est donc source de souffrances et de déceptions. La liberté de pensée et d'action est aussi une condition de possibilité de l'individu, et un critère de légitimité pour toute organisation politique; la tentation de la table rase, l'illusion de reconstruire à tout prix (à tout prix humain) sur un monceau de ruines une société paradisiaque, sont dangereuses.&amp;nbsp; «&amp;nbsp;S&lt;i&gt;i nous perdons la crainte, si nous ne sommes plus menés par l'émulation et les passions tristes&lt;/i&gt; », affirme en conséquence le commentateur de Spinoza &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Spinoza, Mozart et tapas&quot; href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2008/08/07/spinoza-mozart-et-tapas.html&quot;&gt;Olivier Pourriol&lt;/a&gt;,&amp;nbsp; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;nous ne serons plus jamais esclaves, et formerons une société d'hommes raisonnables qui, débarrassés d'espoir et de crainte, associent leurs puissances pour développer celle de chacun&lt;/i&gt; ». Tout pourfendeur d'utopie est un utopiste...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Espérer peu pour soi paraît sage, mais espérer peu pour tous prend la couleur de la servitude : ne risque-t-on pas de se résoudre à subir ? Tout ce qui est, n'est pas destin. L'idéal est inatteignable, pas inapprochable. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Ce qui dépend de toi, c'est d'accepter ou non ce qui ne dépend pas de toi&lt;/i&gt; », écrit Marc Aurèle. Encore faut-il redéfinir l'étendue de ce qui dépend de nous. Il se peut que de nos jours on n'ait plus d'autre choix, devant la violence et l'emballement mortifères des effets de l'exploitation, que l'urgence insurgée : pour que nos descendants jouissent un jour de leur présence au monde, encore faudra-t-il qu'il en subsiste quelques-uns... «&amp;nbsp;L&lt;i&gt;'heure n'est plus à la contemplation du monde&lt;/i&gt; », estime le philosophe &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Sciences Humaines&quot; href=&quot;http://www.scienceshumaines.com/une-semaine-de-philosophie_fr_15017.html&quot;&gt;Charles Pépin&lt;/a&gt;. Les sagesses antiques de l'acceptation «&amp;nbsp;&lt;i&gt;fleurissent toujours dans les périodes de crise historique ou politique. [Elles] retrouvent une actualité aujourd'hui que nous avons perdu foi en la politique, aujourd'hui que nous doutons de notre monde dévoré par l'économique&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;» Pour les Anciens, le bonheur consistait, essentiellement par la contemplation, à trouver sa place dans la vérité close et immobile du cosmos. Mais de nos jours, nous savons l'univers infini ou indéfini, en extension constante sans que nous comprenions vraiment pourquoi, peuplé d'une quantité d'astres vertigineuse. «&amp;nbsp;D&lt;i&gt;ifficile de trouver son bonheur dans la compréhension du monde quand sa vérité nous échappe&lt;/i&gt; », conclue Charles Pépin. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Nous, modernes, cherchons notre bonheur dans la transformation du monde et non dans son acceptation. (...) Agir, pour nous, ce n'est donc plus s'agiter, c'est œuvrer. (...) Réfléchir, c'est s'inscrire dans le mouvement, préparer l'action, en mesurer l'effet&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; La sensation immédiate ne doit jamais se mépriser, mais elle ne suffit pas; nous ne pouvons enchaîner les expériences sans ressentir l'angoisse de la vacuité. Un stade supérieur d'existence consiste à nous inscrire dans une continuité à laquelle nous pouvons donner du sens, quitte à sacrifier certains plaisirs; mais la projection continuelle, de buts en buts, conduit aussi au désespoir sans repos de l'inassouvissement. Au stade ultime nous n'avons donc que la transcendance... Celle que nous pouvons nous conférer à nous-mêmes, hors de toute aliénation religieuse, solidement campés, cœur battant, dans la forteresse ultime de notre esprit, propriété émergente de matière fragile mais puissance de désir infinie... Notre bonheur est de poursuivre le bonheur, notre espoir de trouver des raisons d'espérer.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Microfiction nocturne</title>
<link>http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2009/06/30/microfiction-nocturne.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Sophie)</author>
<category>Blog</category>
<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 14:26:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;(Suite de &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;SDF&quot; href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2008/01/17/sdf.html&quot;&gt;SDF&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/01/02/1476441916.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/01/02/1787825769.jpg&quot; id=&quot;media-1851652&quot; alt=&quot;Emrah Icten.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1851652&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Je reprends mon errance à petits pas élimés. Peu à peu, les passants et les lumières s'amenuisent&amp;nbsp;; sans y veiller, la ville m'a lâchée. La plage dure du trottoir s'est interrompue sous la poussée morose d'une herbe de banlieue, marquant l'orée d'une crainte nocturne diffuse comme jadis la corne du bois réveillait la frontière du pays des loups. Je marche où personne n'est censé le faire&amp;nbsp;: qui déambulerait le soir le long d'une voie rapide abrutie de bruit et ourlée d'un maigre tapis vert bâtard&amp;nbsp;? Un automobiliste en panne ou une ridicule hébétée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Voitures et camions me frôlent en klaxonnant, leurs phares malveillants braqués sur mes yeux cuisants, tapissés de pleurs séchés. La sensation d'être incongrue au bord de cette route hostile, plus que la crainte d'être heurtée par un véhicule indifférent ou agressée par un conducteur vicieux, me force enfin à chercher un refuge. Je m'allonge péniblement sous un barbelé acerbe, descend un fossé piquant, rejoignant le pré humide et amer, plus obscur que la nuit veuve de lune, qui en lisière de ville hésite encore entre pâture de campagne et impersonnalité de faubourg. Les phares dessinent près de moi les racines dénudées d'un arbre qui s'accroche encore courageusement au talus roidement taillé au godet de fer. Cette tanière sommaire est pour moi.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Je me glisse sous les racines, arrondis mon dos contre la paroi de terre, désagréablement piquetée de cailloux mais plus sèche que la végétation alentour trempée d'eau sombre, et replie les genoux, m'efforçant de ne pas dépasser de la voûte à l'odeur noueuse&amp;nbsp;; me suis-je suffisamment recroquevillée, niée, enterrée, oubliée aux yeux des autres&amp;nbsp;? C'est précisément ce qu'il me fallait pour me punir d'être moi-même et m'en inspirer une pitié attendrie. Je me suis effacée dans le sol, et les voitures continuent de vrombir au-dessus de ma tête, leurs occupants se déplacer jusqu'à leur destination&amp;nbsp;; rien n'indique que ce lieu trop vague et cette nuit froide bordée d'anonymat contiennent toute ma personne humaine, mon corps, ma conscience, tout ce qui en ce monde pèse en tant que moi, porte mon nom et me pense. Je réalise enfin pour de bon une rêverie qui m'étreint lorsque je me sens rétrécir&amp;nbsp;: me trouver un petit refuge, y entourer étroitement ma tristesse, quelle qu'elle soit, et m'y perdre, comme un elfe miniature dans le trou de ver d'un chapeau de champignon, autrement dit un enfant malheureux dans son lit familier.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Hors ma poitrine qui se soulève le strict nécessaire, je me perds volontairement dans une immobilité minérale&amp;nbsp;; je me concentre sur la négation de mes membres, puis du reste de mon corps, et en égare peu à peu la réalité. Les hurlements intermittents de la circulation et le cliquetis doucereux de la pluie s'estompent&amp;nbsp;; le temps se fait oublier. Je n'existe plus que dans un nœud serré de pensées en boucles, itératives et monotones, comme échappées d'un délire de fièvre.&amp;nbsp;Mais des frissons enfin me secouent. Ma peau trop propre se rebelle malgré moi contre le froid. L'image de la femme du trottoir s'invite alors à nouveau dans mon trou&amp;nbsp;: je ne l'ai pas vue trembler. Sans doute a-t-elle cessé de lutter, résignée jusqu'aux cellules. Par comparaison et malgré mon application à scier les cordes de ma douleur, je ne suis qu'un désespoir amateur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;En conséquence, je dois me dresser et lever la tête vers le vide masqué de noir. Je n'ai qu'un choix artificiel&amp;nbsp;: je vis tant bien que mal, mais je vis&amp;nbsp;; l'ocre et la pierre qui m'entourent ne peuvent se mêler de force à ma chair&amp;nbsp;; emplir une fosse de terre une fois sera déjà, je ne sais quand, bien assez pour un seul corps. J'ai l'obligation, pour ne pas injurier la réelle misère, de continuer à marcher avec le tourbillon vorace qui s'ouvre en moi comme un œil étonné. Il est sans fond, sans bord, sans pitié. Il est partout et je ne suis rien. Mon moi se dissout, rongé par ses dents de ver. Etre soi&amp;nbsp;? Parfois, je ne sais plus le faire.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Je n'ignore pas que je ne suis pas la seule. Je suis humaine, je porte donc en moi ma déréliction&amp;nbsp;: savoir que la vie s'endure et ne dure pas.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je me relève avec peine, l'esprit aussi gourd que le corps, et reprends le chemin des hommes. Malgré ma faiblesse, je n'ai pas envie de rentrer dans mes habitudes. La forme pâle cloutée au trottoir ne quitte pas ma mémoire&amp;nbsp;; je l'y enveloppe et l'y berce étroitement, comme dans l'édredon chaud qu'elle ne possède pas. Je retourne en ville, occupée à penser cette femme, guidée seulement par mes pas instinctifs et harassés. Je voudrais savoir son nom, l'histoire de sa chute. Je me reproche ma trop faible compassion&amp;nbsp;: pourquoi n'ai-je pas tenté de l'aider&amp;nbsp;? Après le don de douceur et de papier de l'homme au manteau, je n'ai pas même osé installer un sourire sur mon visage et quelques pièces sur sa supplique cartonnée. L'homme a fait mieux que moi, mais pas plus que moi il n'a emporté la femme dans l'abri de ses bras et de son foyer. Pourquoi sommes-nous incapables de gêner notre quotidien en offrant hospitalité, à l'impromptu, à celui qui n'a plus de lit&amp;nbsp;ni de bonsoir&amp;nbsp;? Dégoût du sale, crainte de l'inconnu, de la violence envisageable de sa misère ou de sa folie, répugnance à déchirer pour qui est étranger l'enveloppe de notre intimité&amp;nbsp;; nos raisons sont admissibles au regard de l'humain, et insuffisantes à cette même aune.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;La possibilité de les piétiner, en ce soir stupide qui se cherche une issue, s'impose à moi comme une bravade. Je ressens une urgence à aider la femme au bonnet, une honte pointue à n'avoir rien fait pour elle, ce qui aurait été aussi pertinent pour moi&amp;nbsp;puisque donner de soi conduit à recevoir&amp;nbsp;:&amp;nbsp;accueillir une petite preuve étonnée mais ravie d'être estimable à son propre regard, ce censeur trop aisément aveuglé qui s'en revanche à coups d'étrivières les soirs sans fard où l'on s'épouvante soi-même. Certificat d'humanité bien temporaire mais qui permet, non de s'aimer vu qu'on s'on aime déjà - n'est-on pas contraint, pour vivre, de se chérir jusqu'aux croûtes&amp;nbsp;? -, d'y rajouter deux nobles consonnes et de s'admirer un peu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Je retrouve la rue où j'ai contemplé la femme au bonnet, la boutique close devant laquelle elle était rivée. J'essaie bien de l'y voir encore, mais dois convenir, la déception aux yeux, qu'elle a disparu. Où est-elle&amp;nbsp;allée&amp;nbsp;? Se plier sous quel carton, sur quel banc, quelle couche de fer ou de toile&amp;nbsp;? Où la chercher&amp;nbsp;? La perspective de rentrer sans l'avoir secourue me devient à l'instant même haïssable.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Le découragement me fait alors vaciller sous son poids de fonte&amp;nbsp;; où ai-je déposé ma légèreté, mon plaisir à vivre, la colère qui me charpente lorsqu'il faut se redresser sous les salves d'épines&amp;nbsp;?... La tentation me reprend de m'abandonner de même à l'horizontalité du sol, mais j'ai décidé, d'accord avec le tas que je faisais sous l'arbre, de m'en refuser la permission, moi qui aie une maison, une chambre, un lit, un amour et une famille.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;La femme au bonnet... L'homme au manteau... Leur image brasille dans mon esprit&amp;nbsp;; le surnom que je leur ai donné clapote sur mes lèvres. Un lien léger mais lucide me semble les unir. Peut-être est-il riche de ce qu'il lui a pris, peut-être le sait-il, en a-t-il confusément honte, peut-être a-t-il voulu s'en repentir, l'en consoler. Mais je ne parviens pas à me représenter cet homme comme un spéculateur cupide, un parachutiste d'or et de fange&amp;nbsp;: un argentier cousu de fatuité et d'égoïsme aurait-il glissé une si souple tendresse au cœur de son embrassade&amp;nbsp;?...&lt;br /&gt; Je vais rentrer. Je reviendrai demain. Elle sera peut-être là, à quêter un morceau de survie sans un regard pour ceux qui l'effacent.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Désarçonnant ce qu'on sort de soi durant la nuit, la parenthèse de silence, le temps suspendu du déversoir et de l'écriture, avant la déchirure du matin où l'on pose le loup noir pour remettre, selon le cas, un masque d'églantine, de farine ou de sang. Ne serions-nous donc que fictions, pages blanches écrites par les plumes et les poignards des autres, gommées, barbouillées et regrattées sans cesse, manuscrits de chair et d'imaginaire qui finissent un jour par s'en déliter d'usure&amp;nbsp;? Cherche-t-on toute sa vie une vérité de l'être qui comme un animal cruellement facétieux, ne se laisse parfois approcher que pour mieux nous fuir&amp;nbsp;?...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Faut-il refuser l'espoir, cette passion triste selon Spinoza, pour entendre un air intermittent de sérénité ? Peut-être suffit-il seulement de le dégager de toute gangue d'illusion. Mieux vaut vivre notre vie qu'un paradis d'ombres.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Les actionnaires du désastre</title>
<link>http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2009/05/30/les-actionnaires-du-desastre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Sophie)</author>
<category>Coups de nerfs</category>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sat, 30 May 2009 09:34:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/01/00/1059441906.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/media/01/00/264173748.jpg&quot; id=&quot;media-1785576&quot; alt=&quot;Lisbonne102_jpg.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1785576&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Ainsi que l'analyse l'essayiste &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Naomi Klein&quot; href=&quot;http://www.naomiklein.org/main&quot;&gt;Naomi Klein&lt;/a&gt; dans son récent et édifiant opus (2008, Ed. Leméac-Actes Sud) « &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Mediapart&quot; href=&quot;http://www.mediapart.fr/journal/international/040508/naomi-klein-la-strategie-du-choc-extraits-et-debat&quot;&gt;La stratégie du choc / Montée d'un capitalisme du désastre&lt;/a&gt; », nous sommes entrés depuis une trentaine d'années dans la phase active, dûment préparée, d'une contre-révolution ultralibérale, réactionnaire et totalitaire provoquant, à coups de crises économiques, sociales, politiques et écologiques, la destruction programmée du corps social et de son environnement naturel et civilisationnel. La machine tourne désormais à plein régime démocratiquement faible. Le capitalisme financier, rejeton tératologique du capitalisme industriel, suscite de multiples calamités et loin de s'en affaiblir, s'en goberge comme un ogre fou.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Un système économique qui exige une croissance constante tout en refusant presque toutes les tentatives de réglementation environnementale génère de lui-même un flot ininterrompu de désastres militaires, écologiques et financiers&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt; dénonce Naomi Klein&lt;i&gt;. «&amp;nbsp;La soif de profits faciles et rapides que procurent les placements purement spéculatifs a transformé les marchés boursiers financiers et immobiliers en machines à fabriquer des crises. (...) Notre dépendance commune à l'égard des sources d'énergie polluante et non renouvelable engendre d'autres crises : les catastrophes naturelles et les guerres livrées pour le contrôle de ressources rares, lesquelles entraînent à leur tour des ripostes terroristes.&amp;nbsp;(...) Comme notre planète se réchauffe, sur le double plan climatique et politique, il n'est plus nécessaire de provoquer les désastres au moyen de sombres complots. Tout indique au contraire qu'il suffit de maintenir le cap pour qu'ils continent à se produire avec une intensité de plus en plus grande. (...) Si le complexe du capitalisme du désastre ne déclenche pas délibérément les cataclysmes dont il se nourrit (à l'exception de l'Irak, peut-être), de nombreuses preuves montrent que les industries qui le composent font des pieds et des mains pour que les désastreuses tendances actuelles se poursuivent sans qu'on y change quoi que ce soit&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Aucun système n'est ce qu'il est; aucune évolution économique ou politique ne résulte d'un quelconque déterminisme naturel dont on ne pourrait s'extraire. Derrière les structures et les processus actuels, il y a leurs concepteurs, exécutants et prébendiers, des responsables à deux jambes, deux bras et mini-cerveau avide. Le couple infernal que forment l'égoïsme et la cupidité est un des défauts humains les plus préjudiciables à la communauté - et les plus incompréhensibles pour qui en est dépourvu -, parce qu'il induit l'exploitation implacable d'autrui pour combler une sotte et abyssale vacuité d'Etre par un insatiable et excrémentiel désir d'Avoir; les sources essentielles de beauté et d'épanouissement ne sont pourtant pas le luxe matériel, les colifichets clinquants ni la domestication d'autrui, mais l'amour, l'art, la réflexion, la nature, la contemplation, la durée, la sérénité, la limitation non du désir, qui est infini, mais de sa réalisation.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Faire société; tout est là. Nul individu n'est par principe à l'abri d'errer, mais il est de la responsabilité du corps social de limiter, démonter, modérer les tentations prédatrices de ses membres - en premier lieu par l'enseignement et la culture, celle-ci comprenant l'art mais aussi l'éducation populaire permettant la compréhension par tous des rouages de l'exploitation -, et si nécessaire les sanctionner. Si les pulsions d'accumulation sont inscrites au registre comportemental du genre humain, la communauté des égaux doit se donner les arguments éthiques et les moyens légaux de ne lui laisser qu'un faible espace et d'en amoindrir le coût pour autrui. Exploiter son semblable n'est pas une liberté, mais une violence.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Si les oligarques à masque républicain qui nous gouvernent - étant entendu que nos instances officiellement dirigeantes ne forment qu'une petite frange de cette folâtre bande mafieuse -, personnifient bien ces deux tares aberrantes, il est insuffisant de voir en eux des faillibles, des larrons et des corrompus qu'une docilité épaisse excuserait presque par les positions qu'ils occupent et par l'illusion délétère qu'à leur place tout un chacun prendrait leur méprisant visage. Sous les exactions de ces insectes hématophages que nous laissons trop poliment pomper nos forces vives et nos droits fondamentaux, prospère en effet une idéologie sauvagement antisociale et nihiliste qui ne mérite aucun ménagement oratoire mais plutôt qu'on la déshabille de sa propagande médiatique fourrée pour l'éclairer des bons mots et des justes constats.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Ce catéchisme anarcho-capitaliste concentre en effet déviances et monstruosités : négation des Lumières, de l'égalitarisme, du pacte républicain, de la solidarité, du contrat social, du bien commun, du service public, du vivre ensemble, au bénéfice d'un darwinisme social nauséabond qui confine au racisme. En guise d'idéal, une religion internationale du profit dont s'accommodent fort bien d'ailleurs les cultes monothéistes, fidèles alliés de toujours du pouvoir oligarchique. Contrôler le niveau d'information, d'alerte et d'indignation dans la population abusée, dont dépend sa capacité de révolte, s'effectue grâce à l'intégration médiatique : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;l'expansion tentaculaire du complexe du capitalisme du désastre dans le monde des médias constitue peut-être une nouvelle forme de synergie d'entreprise&lt;/i&gt; », écrit Naomi Klein. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Dans les années 1990, le rêve d'une &quot;petite planète&quot; ouverte et sans frontières était la clé des profits; dans le nouveau millénaire, le cauchemar - des continents occidentaux menaçants et fortifiés subissant le siège des jihadistes et des immigrants illégaux - joue le même rôle&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Intellectuels, manifestants et syndicalistes en prison, protestataires pacifiques en garde à vue, violences policières orchestrées, législation sécuritaire de plus en plus répressive, management entrepreunarial agressif, projets de flicage du web : toutes tentatives du vulgum pecus de secouer le joug se voient et se verront plus encore dans un futur proche réprimées au plus près de leur émergence, jusque dans les cerveaux mêmes. Après des décennies d'anesthésie télévisuelle, la destruction de l'enseignement supérieur et secondaire public et des filières de culture et de réflexion viendront mettre le point final au chef d'œuvre eugéniste anti-humaniste du libéralisme : la production à la chaîne d'armées de souples techniciens incultes, élevés au lait du libre commerce et non de la libre pensée et de l'esprit critique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Peuple exploité, grugé, manipulé, méprisé, pulpe à dividende, chair à variable d'ajustement - quand ce n'est pas concrètement &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Chez Sophie&quot; href=&quot;http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2008/04/27/corps-en-stock.html&quot;&gt;chair à l'étal.&lt;/a&gt; Sade, ce précurseur : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;il ne faut jamais arracher le bandeau des yeux du peuple ; il faut qu'il croupisse dans ses préjugés, cela est essentiel. (...) Protégeons les trônes, ils protègeront l'Eglise, et le despotisme, enfant de cette union, maintiendra nos droits dans le monde. (...) L'animal féroce connu sous le nom de peuple a nécessairement besoin d'être conduit avec une verge de fer : vous êtes perdu, dès l'instant où vous lui laissez apercevoir sa force&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;» Le marquis aurait fait un digne membre du groupe &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Wikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Bilderberg&quot;&gt;Bilderberg&lt;/a&gt;, cercle sélect de domination du monde...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Parions les queues de cerise qui nous restent que la crise économique actuelle ne changera rien. Contrairement aux contes de «&amp;nbsp;refondation&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;régulation&amp;nbsp;» dont on tente de nous bercer, les plans de relance et les contritions verbales ne servent qu'à permettre au système de continuer à fonctionner de la même façon. Hormis quelques victimes de la voracité de leurs pairs, les banques nationalisent leurs pertes, les dividendes des multinationales continuent de flamber. La crise constitue en effet pour les capitalistes totalitaires le moyen d'éliminer leurs membres les plus faibles, et de soumettre les populations au traumatisme d'une dure récession qui permettra d'imposer des mesures qui n'auraient pu être précédemment admises ; ce qui paraissait hier impensable deviendra demain moindre mal. C'est la stratégie étatsusienne &quot;choc et effroi&quot;, appliquée précédemment dans de nombreux pays - pas d'impatience, notre tour arrive... : «&amp;nbsp;l&lt;i&gt;e désastre déclencheur - le coup d'Etat, l'attentat terroriste, l'effondrement des marchés, la guerre, le tsunami, l'ouragan - plonge la population dans un état de choc collectif&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt; explique Naomi Klein. &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Le sifflement des bombes, les échos de la terreur et les vents rugissants &quot;assouplissent&quot; les sociétés, un peu comme la musique tonitruante et les coups dans les prisons où se pratique la torture. (...) Les sociétés en état de choc abandonnent des droits que dans d'autres circonstances, elles auraient défendu jalousement&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Pour les idéologues de l'&lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;wikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Chicago_(%C3%A9conomie)&quot;&gt;école de Chicago&lt;/a&gt; et leurs thuriféraires à portefeuille gouvernemental ou matelas d'actions, il convient par conséquent d'empêcher toute évolution positive. Aucune amélioration susceptible de concerner la majorité de la population n'est réellement souhaitée ni favorisée. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Le seul danger qui guette l'économie du désastre florissante, dont dépendent tant de richesses - les armes, le pétrole, le génie, la surveillance, le brevetage des médicaments -, c'est l'avènement d'une certaine mesure de stabilité climatique et de paix géopolitique&lt;/i&gt; », explique Naomi Klein, qui cite en outre cet extrait d'un livre d'un épatant massacreur d'humanités, &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;wikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Ledeen&quot;&gt;Michael Ledeen&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;The War against the Terror Masters&lt;/i&gt;, 2002) : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;La destruction créatrice est notre grande force, chez nous comme à l'étranger. Chaque jour, nous abolissons l'ordre ancien : des affaires à la science, de la littérature aux arts plastiques, de l'architecture au cinéma, de la politique aux droits... Tout y passe&lt;/i&gt; »... Voilà où nous en sommes; un fondamentaliste du libéralisme peut gloser tranquillement sur le programme apocalyptique de ses comparses envers le patrimoine humain sans craindre l'opprobre général...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; La lutte des classes n'est pas une vieille lune, les exploiteurs l'ayant réactivée eux-mêmes avec la dernière irréductibilité. Par conséquent, puisqu'on est par force en guerre contre les actionnaires de catastrophes, il faut élaborer des stratégies de défense; en premier lieu déconstruire les paradoxes et impostures intellectuels dont ils habillent leur brutalité inégalitaire, et donner aux valeurs fondamentales à réhabiliter contre eux toute leur légitime densité... Mettons donc les points sur les i des mots lucidité et vérité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Non, le laisser-faire global et l'enrichissement boulimique de quelques-uns ne conditionnent pas l'aisance matérielle de l'ensemble de la population, mais entraînent au contraire sa paupérisation; «&amp;nbsp;l&lt;i&gt;a libéralisation du commerce associée à des taux d'intérêt élevés constitue une méthode presque infaillible pour détruire les emplois et répandre le chômage aux dépens des pauvres&lt;/i&gt; », confesse l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale, le repenti &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Wikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Eugene_Stiglitz&quot;&gt;Joseph Stiglitz&lt;/a&gt;, (&lt;i&gt;La Grande Désillusion&lt;/i&gt;, 2002). Au niveau conceptuel, la richesse matérielle individuelle est en outre plus que jamais moralement condamnable : dans un monde fini, où les ressources ne sont pas extensives à l'infini - et de nos jours menacées d'extinction -, le très fortuné vole fatalement sa subsistance au démuni. Tout porte à croire qu'il ne se dessaisira jamais de bon gré des produits de cette extorsion; il faudra donc bien, pour les redistribuer, les lui reprendre de force. On a durant trop longtemps abusivement «&amp;nbsp;&lt;i&gt;identifié l'idéal égalitaire à l'archipel du goulag&lt;/i&gt; » selon la formule d'Alain Gresh (&lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, mai 2009).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Il n'existe pourtant aucune hiérarchie naturelle des êtres humains. A l'instar des facultés et dispositions initiales dont on est susceptible de jouir (intelligence, force ou beauté), la capacité financière n'est pas une vertu en soi. Au regard de la morale, seul compte l'usage qu'on en fait, que Kant appelle «&amp;nbsp;bonne volonté&amp;nbsp;» : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;le pouvoir, la richesse, les honneurs, et même la santé ainsi que tout ce qui relève du bien-être et de la satisfaction de son état, engendrent sous le nom de bonheur, une confiance en soi qui souvent aussi se transforme en orgueil présomptueux sitôt que fait défaut une bonne volonté capable de rendre juste et de tourner vers des fins universelles l'influence que ces dons de la fortune ont sur l'âme&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt; écrit l'auteur de &lt;i&gt;Fondements de la Métaphysique des Mœurs. «&amp;nbsp;La bonne volonté paraît même constituer la condition indispensable de ce qui nous rend dignes d'être heureux&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Non, la ploutocratie dirigeante, contrairement à ses ronflements rhétoriques, ne lutte pas contre la crise économique, la délinquance, le terrorisme, le fondamentalisme religieux, le réchauffement climatique, ou la xénophobie ; elle favorise les conditions de leur émergence ou de leur déploiement. Tout ce qui effraie la renforce, tout ce qui détruit l'enrichit plus encore. Qui voit, révèle, dénonce sa vraie nature la menace. Avec une frénésie sans précédent qui trahit la fraîche température de son trouillomètre, elle s'active par contre à renforcer la tyrannie sécuritaire, destinée à corseter au plus serré l'ensemble de la population pour tuer la révolte avant son expression. Les auteurs de délits et de crimes consciencieusement choisis parmi la plèbe - les parachutistes dorés et autres voyous cravatés étant par contre largement autorisés à user de l'illégalisme -&amp;nbsp; sont utilisés comme alibis ou cobayes pour parfaire la politique répressive.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Non, l'oligarchie n'est pas démocrate, car le pouvoir souverain du peuple - et non son actuel succédané pâlot - constitue l'antidote à sa domination. La démocratie n'est pour elle qu'un maquillage commode pour dissimuler son teint vert-de-gris. Lorsque le peuple ne vote pas selon ses vœux, elle ne tient aucun compte de sa décision - ainsi de notre rejet du traité européen. Les libertés politiques sont à ses yeux inutiles voire dangereuses par rapport à la liberté commerciale sans entrave - raison pourquoi le politburo chinois s'est parfaitement accommodé du capitalisme.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Non, une société d'économie mixte avec son système de compromis, freins et contrepoids, n'est pas un modèle désuet. C'est le seul susceptible de préserver un subtil équilibre entre égalité et liberté. La circulation de biens de consommation socio et éco-compatibles - et réellement utiles à la vie du corps et de l'esprit - pourrait parfaitement cohabiter avec des services publics puissants et gratuits, et avec l'assujettissement de larges pans de l'économie (banques, énergies, transports, ressources naturelles, communications) au contrôle de l'Etat. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;De la même façon&lt;/i&gt; », ajoute Naomi Klein, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;il est tout à fait possible de contraindre les employeurs à verser des salaires décents et à respecter le droit à la syndicalisation des travailleurs, cependant que les gouvernements prélèvent des impôts et redistribuent la richesse de manière à réduire les inégalités&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;» Fortement réduire les inégalités, pourrait-on préciser.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Non, les ultralibéraux n'apportent rien, ne créent rien, ne remplissent aucun rôle précieux pour la communauté. Parasites, cyniques, imbéciles, dépourvus d'empathie et d'éthique, ils ne savent in fine accomplir qu'un but existentiel : mourir riche ; pour cela, des millions de leurs semblables doivent mourir pauvres, désespérés, pollués. Et après eux, le déluge... Comment la perspective même de l'extinction de l'humanité qui suivra la désertification d'une planète surexploitée pourrait donc toucher d'aussi médiocres esprits ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Oui, la place des responsables et profiteurs de crimes économiques, politiques et écologiques contre l'humanité est au banc de la société, non à sa tête, et celle de leur pactole dans les caisses des services publics qu'ils pillent et démantèlent, dans les salaires des employés qu'ils spolient, dans la sauvegarde d'un monde qu'ils saccagent. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;La servitude est l'intolérable qui peut être infiniment tolérée&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; remarque &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Le Monde&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/25/julien-coupat-la-prolongation-de-ma-detention-est-une-petite-vengeance_1197456_3224.html&quot;&gt;Julien Coupat&lt;/a&gt; dans une interview par écrit consentie depuis sa prison à des journalistes du Monde peu avant sa libération. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;On nous suspecte comme tant d'autres, (...) de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d'escrocs, d'imposteurs, d'industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l'heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu'ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle &quot;victoire&quot; dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable.&amp;nbsp;(...) Ce n'est pas le moment de perdre courage&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Par rapport à notre multitude, ils ne sont qu'une poignée aux abois... A l'évidence, ils tomberont, mais en entraînant combien d'existences dans leur chute, en arrachant à ce monde combien de possibilités d'y vivre ?... «&amp;nbsp;&lt;i&gt;C'est [une] volonté de création totale, de puissance divine, qui explique l'attrait qu'exercent les crises et les catastrophes sur les idéologues néolibéraux. Seule l'apocalypse est à la hauteur de leurs ambitions&lt;/i&gt; », constate Naomi Klein.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Il est toujours préférable de convaincre; mais s'il n'y a pas d'autre moyen pour que nous survivions, il faudra bien contraindre... Cette insurrection qui tarde.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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