30.05.2009

Les actionnaires du désastre

Lisbonne102_jpg.jpgAinsi que l'analyse l'essayiste Naomi Klein dans son récent et édifiant opus (2008, Ed. Leméac-Actes Sud) « La stratégie du choc / Montée d'un capitalisme du désastre », nous sommes entrés depuis une trentaine d'années dans la phase active, dûment préparée, d'une contre-révolution ultralibérale, réactionnaire et totalitaire provoquant, à coups de crises économiques, sociales, politiques et écologiques, la destruction programmée du corps social et de son environnement naturel et civilisationnel. La machine tourne désormais à plein régime démocratiquement faible. Le capitalisme financier, rejeton tératologique du capitalisme industriel, suscite de multiples calamités et loin de s'en affaiblir, s'en goberge comme un ogre fou.


« Un système économique qui exige une croissance constante tout en refusant presque toutes les tentatives de réglementation environnementale génère de lui-même un flot ininterrompu de désastres militaires, écologiques et financiers », dénonce Naomi Klein. « La soif de profits faciles et rapides que procurent les placements purement spéculatifs a transformé les marchés boursiers financiers et immobiliers en machines à fabriquer des crises. (...) Notre dépendance commune à l'égard des sources d'énergie polluante et non renouvelable engendre d'autres crises : les catastrophes naturelles et les guerres livrées pour le contrôle de ressources rares, lesquelles entraînent à leur tour des ripostes terroristes. (...) Comme notre planète se réchauffe, sur le double plan climatique et politique, il n'est plus nécessaire de provoquer les désastres au moyen de sombres complots. Tout indique au contraire qu'il suffit de maintenir le cap pour qu'ils continent à se produire avec une intensité de plus en plus grande. (...) Si le complexe du capitalisme du désastre ne déclenche pas délibérément les cataclysmes dont il se nourrit (à l'exception de l'Irak, peut-être), de nombreuses preuves montrent que les industries qui le composent font des pieds et des mains pour que les désastreuses tendances actuelles se poursuivent sans qu'on y change quoi que ce soit. »


Aucun système n'est ce qu'il est; aucune évolution économique ou politique ne résulte d'un quelconque déterminisme naturel dont on ne pourrait s'extraire. Derrière les structures et les processus actuels, il y a leurs concepteurs, exécutants et prébendiers, des responsables à deux jambes, deux bras et mini-cerveau avide. Le couple infernal que forment l'égoïsme et la cupidité est un des défauts humains les plus préjudiciables à la communauté - et les plus incompréhensibles pour qui en est dépourvu -, parce qu'il induit l'exploitation implacable d'autrui pour combler une sotte et abyssale vacuité d'Etre par un insatiable et excrémentiel désir d'Avoir; les sources essentielles de beauté et d'épanouissement ne sont pourtant pas le luxe matériel, les colifichets clinquants ni la domestication d'autrui, mais l'amour, l'art, la réflexion, la nature, la contemplation, la durée, la sérénité, la limitation non du désir, qui est infini, mais de sa réalisation.


Faire société; tout est là. Nul individu n'est par principe à l'abri d'errer, mais il est de la responsabilité du corps social de limiter, démonter, modérer les tentations prédatrices de ses membres - en premier lieu par l'enseignement et la culture, celle-ci comprenant l'art mais aussi l'éducation populaire permettant la compréhension par tous des rouages de l'exploitation -, et si nécessaire les sanctionner. Si les pulsions d'accumulation sont inscrites au registre comportemental du genre humain, la communauté des égaux doit se donner les arguments éthiques et les moyens légaux de ne lui laisser qu'un faible espace et d'en amoindrir le coût pour autrui. Exploiter son semblable n'est pas une liberté, mais une violence.


Si les oligarques à masque républicain qui nous gouvernent - étant entendu que nos instances officiellement dirigeantes ne forment qu'une petite frange de cette folâtre bande mafieuse -, personnifient bien ces deux tares aberrantes, il est insuffisant de voir en eux des faillibles, des larrons et des corrompus qu'une docilité épaisse excuserait presque par les positions qu'ils occupent et par l'illusion délétère qu'à leur place tout un chacun prendrait leur méprisant visage. Sous les exactions de ces insectes hématophages que nous laissons trop poliment pomper nos forces vives et nos droits fondamentaux, prospère en effet une idéologie sauvagement antisociale et nihiliste qui ne mérite aucun ménagement oratoire mais plutôt qu'on la déshabille de sa propagande médiatique fourrée pour l'éclairer des bons mots et des justes constats.


Ce catéchisme anarcho-capitaliste concentre en effet déviances et monstruosités : négation des Lumières, de l'égalitarisme, du pacte républicain, de la solidarité, du contrat social, du bien commun, du service public, du vivre ensemble, au bénéfice d'un darwinisme social nauséabond qui confine au racisme. En guise d'idéal, une religion internationale du profit dont s'accommodent fort bien d'ailleurs les cultes monothéistes, fidèles alliés de toujours du pouvoir oligarchique. Contrôler le niveau d'information, d'alerte et d'indignation dans la population abusée, dont dépend sa capacité de révolte, s'effectue grâce à l'intégration médiatique : « l'expansion tentaculaire du complexe du capitalisme du désastre dans le monde des médias constitue peut-être une nouvelle forme de synergie d'entreprise », écrit Naomi Klein. « Dans les années 1990, le rêve d'une "petite planète" ouverte et sans frontières était la clé des profits; dans le nouveau millénaire, le cauchemar - des continents occidentaux menaçants et fortifiés subissant le siège des jihadistes et des immigrants illégaux - joue le même rôle. »


Intellectuels, manifestants et syndicalistes en prison, protestataires pacifiques en garde à vue, violences policières orchestrées, législation sécuritaire de plus en plus répressive, management entrepreunarial agressif, projets de flicage du web : toutes tentatives du vulgum pecus de secouer le joug se voient et se verront plus encore dans un futur proche réprimées au plus près de leur émergence, jusque dans les cerveaux mêmes. Après des décennies d'anesthésie télévisuelle, la destruction de l'enseignement supérieur et secondaire public et des filières de culture et de réflexion viendront mettre le point final au chef d'œuvre eugéniste anti-humaniste du libéralisme : la production à la chaîne d'armées de souples techniciens incultes, élevés au lait du libre commerce et non de la libre pensée et de l'esprit critique.


Peuple exploité, grugé, manipulé, méprisé, pulpe à dividende, chair à variable d'ajustement - quand ce n'est pas concrètement chair à l'étal. Sade, ce précurseur : « il ne faut jamais arracher le bandeau des yeux du peuple ; il faut qu'il croupisse dans ses préjugés, cela est essentiel. (...) Protégeons les trônes, ils protègeront l'Eglise, et le despotisme, enfant de cette union, maintiendra nos droits dans le monde. (...) L'animal féroce connu sous le nom de peuple a nécessairement besoin d'être conduit avec une verge de fer : vous êtes perdu, dès l'instant où vous lui laissez apercevoir sa force. » Le marquis aurait fait un digne membre du groupe Bilderberg, cercle sélect de domination du monde...


Parions les queues de cerise qui nous restent que la crise économique actuelle ne changera rien. Contrairement aux contes de « refondation » et « régulation » dont on tente de nous bercer, les plans de relance et les contritions verbales ne servent qu'à permettre au système de continuer à fonctionner de la même façon. Hormis quelques victimes de la voracité de leurs pairs, les banques nationalisent leurs pertes, les dividendes des multinationales continuent de flamber. La crise constitue en effet pour les capitalistes totalitaires le moyen d'éliminer leurs membres les plus faibles, et de soumettre les populations au traumatisme d'une dure récession qui permettra d'imposer des mesures qui n'auraient pu être précédemment admises ; ce qui paraissait hier impensable deviendra demain moindre mal. C'est la stratégie étatsusienne "choc et effroi", appliquée précédemment dans de nombreux pays - pas d'impatience, notre tour arrive... : « le désastre déclencheur - le coup d'Etat, l'attentat terroriste, l'effondrement des marchés, la guerre, le tsunami, l'ouragan - plonge la population dans un état de choc collectif », explique Naomi Klein. « Le sifflement des bombes, les échos de la terreur et les vents rugissants "assouplissent" les sociétés, un peu comme la musique tonitruante et les coups dans les prisons où se pratique la torture. (...) Les sociétés en état de choc abandonnent des droits que dans d'autres circonstances, elles auraient défendu jalousement. »


Pour les idéologues de l'école de Chicago et leurs thuriféraires à portefeuille gouvernemental ou matelas d'actions, il convient par conséquent d'empêcher toute évolution positive. Aucune amélioration susceptible de concerner la majorité de la population n'est réellement souhaitée ni favorisée. « Le seul danger qui guette l'économie du désastre florissante, dont dépendent tant de richesses - les armes, le pétrole, le génie, la surveillance, le brevetage des médicaments -, c'est l'avènement d'une certaine mesure de stabilité climatique et de paix géopolitique », explique Naomi Klein, qui cite en outre cet extrait d'un livre d'un épatant massacreur d'humanités, Michael Ledeen (The War against the Terror Masters, 2002) : « La destruction créatrice est notre grande force, chez nous comme à l'étranger. Chaque jour, nous abolissons l'ordre ancien : des affaires à la science, de la littérature aux arts plastiques, de l'architecture au cinéma, de la politique aux droits... Tout y passe »... Voilà où nous en sommes; un fondamentaliste du libéralisme peut gloser tranquillement sur le programme apocalyptique de ses comparses envers le patrimoine humain sans craindre l'opprobre général...


La lutte des classes n'est pas une vieille lune, les exploiteurs l'ayant réactivée eux-mêmes avec la dernière irréductibilité. Par conséquent, puisqu'on est par force en guerre contre les actionnaires de catastrophes, il faut élaborer des stratégies de défense; en premier lieu déconstruire les paradoxes et impostures intellectuels dont ils habillent leur brutalité inégalitaire, et donner aux valeurs fondamentales à réhabiliter contre eux toute leur légitime densité... Mettons donc les points sur les i des mots lucidité et vérité.

Non, le laisser-faire global et l'enrichissement boulimique de quelques-uns ne conditionnent pas l'aisance matérielle de l'ensemble de la population, mais entraînent au contraire sa paupérisation; « la libéralisation du commerce associée à des taux d'intérêt élevés constitue une méthode presque infaillible pour détruire les emplois et répandre le chômage aux dépens des pauvres », confesse l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale, le repenti Joseph Stiglitz, (La Grande Désillusion, 2002). Au niveau conceptuel, la richesse matérielle individuelle est en outre plus que jamais moralement condamnable : dans un monde fini, où les ressources ne sont pas extensives à l'infini - et de nos jours menacées d'extinction -, le très fortuné vole fatalement sa subsistance au démuni. Tout porte à croire qu'il ne se dessaisira jamais de bon gré des produits de cette extorsion; il faudra donc bien, pour les redistribuer, les lui reprendre de force. On a durant trop longtemps abusivement « identifié l'idéal égalitaire à l'archipel du goulag » selon la formule d'Alain Gresh (Le Monde Diplomatique, mai 2009).


Il n'existe pourtant aucune hiérarchie naturelle des êtres humains. A l'instar des facultés et dispositions initiales dont on est susceptible de jouir (intelligence, force ou beauté), la capacité financière n'est pas une vertu en soi. Au regard de la morale, seul compte l'usage qu'on en fait, que Kant appelle « bonne volonté » : « le pouvoir, la richesse, les honneurs, et même la santé ainsi que tout ce qui relève du bien-être et de la satisfaction de son état, engendrent sous le nom de bonheur, une confiance en soi qui souvent aussi se transforme en orgueil présomptueux sitôt que fait défaut une bonne volonté capable de rendre juste et de tourner vers des fins universelles l'influence que ces dons de la fortune ont sur l'âme », écrit l'auteur de Fondements de la Métaphysique des Mœurs. « La bonne volonté paraît même constituer la condition indispensable de ce qui nous rend dignes d'être heureux. »


Non, la ploutocratie dirigeante, contrairement à ses ronflements rhétoriques, ne lutte pas contre la crise économique, la délinquance, le terrorisme, le fondamentalisme religieux, le réchauffement climatique, ou la xénophobie ; elle favorise les conditions de leur émergence ou de leur déploiement. Tout ce qui effraie la renforce, tout ce qui détruit l'enrichit plus encore. Qui voit, révèle, dénonce sa vraie nature la menace. Avec une frénésie sans précédent qui trahit la fraîche température de son trouillomètre, elle s'active par contre à renforcer la tyrannie sécuritaire, destinée à corseter au plus serré l'ensemble de la population pour tuer la révolte avant son expression. Les auteurs de délits et de crimes consciencieusement choisis parmi la plèbe - les parachutistes dorés et autres voyous cravatés étant par contre largement autorisés à user de l'illégalisme -  sont utilisés comme alibis ou cobayes pour parfaire la politique répressive.


Non, l'oligarchie n'est pas démocrate, car le pouvoir souverain du peuple - et non son actuel succédané pâlot - constitue l'antidote à sa domination. La démocratie n'est pour elle qu'un maquillage commode pour dissimuler son teint vert-de-gris. Lorsque le peuple ne vote pas selon ses vœux, elle ne tient aucun compte de sa décision - ainsi de notre rejet du traité européen. Les libertés politiques sont à ses yeux inutiles voire dangereuses par rapport à la liberté commerciale sans entrave - raison pourquoi le politburo chinois s'est parfaitement accommodé du capitalisme.


Non, une société d'économie mixte avec son système de compromis, freins et contrepoids, n'est pas un modèle désuet. C'est le seul susceptible de préserver un subtil équilibre entre égalité et liberté. La circulation de biens de consommation socio et éco-compatibles - et réellement utiles à la vie du corps et de l'esprit - pourrait parfaitement cohabiter avec des services publics puissants et gratuits, et avec l'assujettissement de larges pans de l'économie (banques, énergies, transports, ressources naturelles, communications) au contrôle de l'Etat. « De la même façon », ajoute Naomi Klein, « il est tout à fait possible de contraindre les employeurs à verser des salaires décents et à respecter le droit à la syndicalisation des travailleurs, cependant que les gouvernements prélèvent des impôts et redistribuent la richesse de manière à réduire les inégalités. » Fortement réduire les inégalités, pourrait-on préciser.


Non, les ultralibéraux n'apportent rien, ne créent rien, ne remplissent aucun rôle précieux pour la communauté. Parasites, cyniques, imbéciles, dépourvus d'empathie et d'éthique, ils ne savent in fine accomplir qu'un but existentiel : mourir riche ; pour cela, des millions de leurs semblables doivent mourir pauvres, désespérés, pollués. Et après eux, le déluge... Comment la perspective même de l'extinction de l'humanité qui suivra la désertification d'une planète surexploitée pourrait donc toucher d'aussi médiocres esprits ?


Oui, la place des responsables et profiteurs de crimes économiques, politiques et écologiques contre l'humanité est au banc de la société, non à sa tête, et celle de leur pactole dans les caisses des services publics qu'ils pillent et démantèlent, dans les salaires des employés qu'ils spolient, dans la sauvegarde d'un monde qu'ils saccagent. « La servitude est l'intolérable qui peut être infiniment tolérée » remarque Julien Coupat dans une interview par écrit consentie depuis sa prison à des journalistes du Monde peu avant sa libération. « On nous suspecte comme tant d'autres, (...) de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d'escrocs, d'imposteurs, d'industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l'heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu'ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle "victoire" dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. (...) Ce n'est pas le moment de perdre courage. »


Par rapport à notre multitude, ils ne sont qu'une poignée aux abois... A l'évidence, ils tomberont, mais en entraînant combien d'existences dans leur chute, en arrachant à ce monde combien de possibilités d'y vivre ?... « C'est [une] volonté de création totale, de puissance divine, qui explique l'attrait qu'exercent les crises et les catastrophes sur les idéologues néolibéraux. Seule l'apocalypse est à la hauteur de leurs ambitions », constate Naomi Klein.


Il est toujours préférable de convaincre; mais s'il n'y a pas d'autre moyen pour que nous survivions, il faudra bien contraindre... Cette insurrection qui tarde.

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Commentaires

Chère Sophie,

Pour pallier à quelques insuffisances de votre texte, et surseoir au pessimisme de "Cette insurrection qui tarde.", je vous offre le lien suivant :
http://zinelibrary.info/files/pdf_Insurrection.pdf
texte intégral de "L'insurrection qui vient".

Bien à vous.

Ecrit par : Michel GROS | 01.06.2009

Cher Michel, merci pour votre commentaire et pour le lien.
Si vous avez le temps, vous pourrez peut-être m'indiquer quelles sont à votre avis ces insuffisances, afin que je puisse les pallier (un verbe transitif direct, si je ne m'abuse...).
Amicalement

Ecrit par : Sophie | 02.06.2009

Ce qui est "amusant", avec notre société (des médias), est que nous n'entendons jamais des gens comme Joseph Stiglitz, qui est pourtant prix Nobel d'économie et qui fut au centre du système financier mondial. Enfin, j'abuse un peu : on l'entend depuis la fameuse crise. Un peu comme si on attendait une vague de cancers du cerveau pour limiter l'utilisation des téléphones portables. (Ha, c'est ce que l'on fait aussi !?!)

Sinon, en France, nous avons un unique prix Nobel, Maurice Allais. Je n'ai jamais vu son visage à la télé. Surement parce que lui aussi s'oppose au libre-échangisme. On préfère laisser la parole à BHL. Et vu qu'on entend beaucoup mieux les chiens qui aboient dans le sens du vent...

Sinon, vu dans un commentaire sur rue89 (de mémoire) : si on expliquait aux gens la fonction exponentielle dès le primaire, peut-être qu'ils comprendraient le problème à vouloir une croissance de 3 % par an ad vitam aeternam.

Votre texte mériterait d'être étudié au bac, tant pour le fond que la forme.

Amicalement,
RémiZ

Ecrit par : RemiZ | 02.06.2009

Merci RemiZ.
On ne voit guère Maurice Allais dans les "grands" médias, en effet. Mais on peut le lire de temps à autre dans le journal "Le Sarkophage". Allais s'est désolidarisé des idées des libres-échangistes depuis longtemps, semble-t-il. Ce n'est pas le cas de Stiglitz. Parce que la crise est déclarée, on entend en effet de nos jours certains économistes critiquer le libéralisme, mais de la part de ces "experts", on aurait attendu un peu plus de lucidité alors que toutes les conditions étaient réunies depuis longtemps pour qu'elle éclate en plein jour. L'économie n'est plus une science lorsqu'elle se met au service d'une idéologie.
Quant à BHL (un des principaux actionnaires des surgelés Picard, soit dit en passant), il a fait son fonds de commerce de l'imposture selon laquelle plus d'économie de marché entraîne forcément plus de démocratie. Au Chili du temps de Pinochet, en Chine, en Russie, pour ne prendre que ces exemples, il a été démontré que le capitalisme fait pourtant bon ménage avec la dictature.
D'accord avec vous sur le rôle essentiel de l'éducation. Je dirais même que c'est forcément par l'éducation que passera notre survie...
Amicalement

Ecrit par : Sophie | 02.06.2009

Chère Sophie,

Sommairement.
Votre texte traite principalement des "perspectives du pouvoir", comme disait Vaneigem, et peu de son "renversement" comme il tentait lui-même de le théoriser dans son "Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations".
Je vois là une première insuffisance qui se double, dans la dimension descriptive de l'idéologie dominante, d'une vision, en sourdine et quelque peu manichéenne, issue de l'ancienne théorie de la lutte des classes, où s'affronteraient encore les méchants et heureux capitalistes du réel et les bons et malheureux prolétaires de l'idéalité.
Mais le monde de la séparation n'est plus réductible à la topologie de l'usine. Il est devenu l'usine qui fabrique la topologie généralisée de la séparation. Là où prolétaires masochistes et capitalistes sadiques s'aliènent dans une supposée indépassable vision du monde. Il suffit pour cela d'entendre qu' "il est tout à fait possible de contraindre les employeurs à verser des salaires décents et à respecter le droit à la syndicalisation des travailleurs, cependant que les gouvernements prélèvent des impôts et redistribuent la richesse de manière à réduire les inégalités", pour comprendre l'illusion où la conception de la "richesse" est encore prise, alors qu’elle n’est rien d’autre que la manifestation inquestionnée de la misère généralisée.
Au fond, il y a une complaisance totalement acceptée par les uns et les autres à se suffire de ce décor achevé de la « non-vie ». Il est d’ailleurs inhérent à cet atavisme partagé aux conditions généralisées de la domination marchande qu’aucune méthologie du dépassement ne viennent ponctuer une vérité d‘analyse absente. C’est bien pour cela que j’ai fourni le lien vers « L’insurrection à venir » qui, elle, n’y manque pas.

Bien à vous.

Ecrit par : Michel GROS | 02.06.2009

Cher Michel,
Merci pour vos précisions.
"Les perspectives du pouvoir", en effet, c'est ce dont il s'agit dans ce texte; pour le "renversement", ça viendra...
Non, ma vision n'est pas manichéenne, je ne joue pas le bon prolétaire contre le méchant capitalisme; je ne fais pas d'angélisme, je ne crois pas qu'être ouvrier ou au chômage prédispose par principe à la vertu. Je constate cependant que certains ont acquis le pouvoir d'exploiter autrui, et qu'ils s'en servent sans scrupules ni limitations. Et je ne suis pas encore assez pessimiste sur la nature humaine pour penser que tout un chacun, placé dans leur position, se conduirait exactement de la même façon.
En outre, il me semble qu'on hésite encore trop, de nos jours, à critiquer le système capitaliste en terme de morale, et c'est pourquoi j'ai fait référence à Kant. Je le maintiens, la richesse matérielle individuelle, accumulée au détriment d'autrui, est à mon sens moralement indécente. On peut certes avancer que la richesse matérielle s'inscrit dans le cadre d'une "misère généralisée" intellectuelle, mais cela me paraît insuffisant de s'en contenter : pauvres riches, si bêtes, laissons-les croupir dans leur fatuité... Voilà de quoi alimenter l'immobilisme.
L'illusion selon laquelle la lutte des classes est dépassée profite à la droite néolibérale. Or à l'échelon national comme international, il y a toujours, et de plus belle, des exploités et des exploiteurs. Si on considère que le destin historique des uns et des autres est scellé, comment pourrait-on souhaiter changer les institutions et établir une nouvelle organisation socio-économique ?
Le réel est ce qu'on en fait, ou ce qu'on laisse d'autres en faire.

Ecrit par : Sophie | 03.06.2009

Cher Sophie,
Des exploiteurs et des exploités ne suffisent pas à fabriquer la lutte des classes, si tant est que l'on puisse encore donner ce nom, dans la société spectaculaire et marchande, aux forces qui entendent y mettre fin. J'entends bien que l'on peut garder garder un certain nombre de catégories de l'entendement marxien telle que celle de "prolétaire", à condition bien sûr de lui fournir une dimension performative qui joue véritablement le rôle de négation de l'idéologie dominante, cette misère généralisée qui réside au coeur de chaque marchandise et qui n'est pas une "intellectualité". Au fond le prolétaire aujourd'hui n'a d'intérêt dialectique que dans la mesure où il n'a aucun emploi de sa vie, et surtout qu'il commence à s'en rendre compte. La dynamique du rejet total où il est ainsi contraint ne me semble pas propice à laisser quiconque croupir dans la fatuité. Bien au contraire me semble t-elle propre à définir des formes d'actions qui ne seraient pas les simples revendications du partage de la misère, en laissant faire aux autres (les politiciens ?) ce que l'on ne voudraient pas faire nous-mêmes, mais l'organisation autonome des forces de la négation généralisée. Une sorte de courage, si vous vous passez l'expression, terriblement absent.
Bien à vous.

Ecrit par : Michel GROS | 03.06.2009

Cher Michel,
Je ne tiens pas particulièrement aux dénominations de l'analyse marxienne. Vous pouvez renommer exploiteurs et exploités de la manière que vous voulez, cela ne change pas le fond de la question.
La société du spectacle et de la marchandise, d'accord avec vous pour la pourfendre. Mais soyons concrets, s'il plaît à vous. Le culte de la marchandise est une chose ; l'utilisation raisonnée de certaines marchandises en est une autre. Car en plus du fait de donner de soi aux autres, se sustenter, se vêtir, se loger, cultiver son esprit grâce au livre, à l'art, aux rencontres, sont les conditions indispensables à une existence à laquelle on est susceptible de trouver du sens et du plaisir. C'est faire un bon "emploi" de sa courte vie, et je ne vois pas en quoi cela équivaudrait à partager de la misère.
Or si les moyens et les produits nécessaires à la réalisation de cet objectif sont accaparés par quelques-uns, si certains en regorgent alors que d'autres en sont dépourvus, il y a une grave irrégularité dont on ne peut que souhaiter ardemment la fin.
Donc négation de l'idéologie dominante, et renversement des institutions et des pratiques qui la produisent et la soutiennent, d'accord avec vous. Mais "négation généralisée", j'aimerais bien savoir ce que vous mettez dans ce chaudron....
Bien à vous.

Ecrit par : Sophie | 03.06.2009

Au delà de ces remarques pertinentes, et de l'échange très intellectualisé sur la misère ou la fatuité des dominants, je voudrais poser quelles questions ou observations :
-pourquoi les dominés en grosse majorité soutiennent leurs oppresseurs, votent à droite, pourquoi ce déni d'appartenance à leur classe, pour espérer s'y soustraire ?
- même si les dénominations ont changé, on ne peut plus parler de lumpen prolétariat, on est obligé de reconnaitre que la lutte des classes existe bien, exarcébée par l'individualisme échevelé, perpétuée par les lois de l'héritage
-on assiste à la persévérence des privilèges, en particulier des politiques, je n'entends pas grand monde dénoncer les régimes spéciaux des parlementaires, tous les passe-droits et avantages acquis de tous les corporatismes
-en règle générale, je dirais que l'on fait fausse route en demandant que les pauvres deviennent riches, oui à la baisse des inégalités scandaleuses des grands patrons, des footballeurs, des gens du spectacle, surtout changeons de cap, jouons la modeste, on a déja beaucoup trop (sauf exceptions criantes à régler au plus vite, familles mono-parentales, sdf ...) en réapprenant à vivre dans la simplicité, la convivialité, à bas le lucre et la société de consommation; c'était un slogan il y a 40 ans, que ça devienne réalité.
Merci Sophie pour les très beaux textes, rares mais combien précieux, je crois être un peu au diapason, il faut nous faire entendre. Dernière petite remarque concernant la police de caractères, je trouve les commentaires beaucoup plus facilement lisibles.

Ecrit par : jmj | 03.06.2009

Chère Sophie,

"Le spectacle est le moment où la marchandise est parvenue à l'occupation totale de la vie sociale. Non seulement le rapport à la marchandise est visible, mais on ne voit que lui : le monde que l'on voit est son monde".
J'use de cette phrase de Guy Debord pour dire l'ampleur de la domination spectaculaire à laquelle nulle marchandise, aussi nécessaire soit-elle, ne semble échapper. Le pain, les fringues, la maison, la santé, l'éducation, tout autant que la littérature, l'art, les rencontres sont pris dans le "culte" où les place le grand chaudron de l'économie. Vous savez aussi bien que moi que dans certaines parties du monde, qui n'échappent pas non plus à cette domination, un quignon de pain est un luxe comme l’est chez nous l’accès à la culture. Et qu'ainsi, partout, chaque rapport à chaque marchandise est un rapport de séparation.
Alors bien sûr, comme vous dites, quelque société que ce soit doit bien s’employer à fournir les nécessités de base. Cela n’inféode pas la défiance totale vis à vis d’une économie totalitaire qui usurpe le désir des femmes et des hommes par la voie criarde des marchandises.

Ecrit par : Michel GROS | 03.06.2009

Bienvenue, jmj, et merci beaucoup.
"Pourquoi les pauvres votent à droite" ? C'est le titre d'un livre d'un journaliste américain, Thomas Franck (Editions Agone). Bien qu'il analyse la société étatsusienne où sévit un fondamentalisme religieux fournissant matière au conservatisme, certains éléments sont valables chez nous aussi. La droite défend les intérêts d'une petite minorité de nantis, mais s'appuie sur une base électorale plus large en manipulant les frustrations des classes populaires. C'est démagogie et populisme : la stigmatisation des immigrés, l'accent mis sur l'insécurité réelle ou fantasmée contre laquelle elle prétend lutter, jouent sur le registre de la recherche du bouc émissaire et sur le mécanisme de la peur. Elle utilise aussi l'imposture selon laquelle ce qui fait du bien aux riches en fait par ricochet aux autres, ce qui est assurément de plus en plus faux - de nos jours, une entreprise qui licencie voit son cours monter en bourse : moins de masse salariale, plus de profits pour les actionnaires.
Et puis diviser pour régner, ça marche toujours : la conscience de classe est soigneusement gommée au profit de la création de communautarismes ethniques ou religieux. Atomiser le peuple en communautés antagonistes recouvre d'un voile opaque les inégalités socio-économiques.
Mais comptent aussi les déceptions engendrées par la politique néolibérale menée depuis 20 ans par les gouvernements de gauche en Europe; se prétendre de gauche et gouverner à droite décrédibilise diablement l'offre politique.
Plus de conscience politique et de lucidité dans l'électorat serait souhaitable pour éviter que les tondus continuent de voter pour les tondeurs...
Je suis d'accord avec vous : pour assurer notre survie, c'est à un partage équitable des ressources, des moyens, du travail qu'il faut aboutir.

Ecrit par : Sophie | 04.06.2009

D'accord avec vous, Michel. Le désir ne devrait jamais s'apparenter à la possession de marchandises, sans quoi c'est la marchandise et son commerce qui nous dominent. Le désir humain non aliéné ne se résume pas à l'objet, même à un objet apparenté à un vecteur culturel !
Bien à vous.

Ecrit par : Sophie | 04.06.2009

A jmj, je crois que la meilleure réponse est là : http://www.olivox.com/bd/2007_w22/index2.html :)

RemiZ.

Ecrit par : RemiZ | 04.06.2009

Excellent ! Merci, RemiZ. "Ce qui est certain rassure", y compris la misère... Où se trouve le degré plafond de la résignation ?...

Ecrit par : Sophie | 04.06.2009

J'ai eu beaucoup de plaisir à lire votre article, et j'apprécie au plus haut point votre écriture: enlevée, précise…
Quant au contenu de votre texte, je suis entièrement d'accord avec ce que vous avancez.
J'ai cependant quelques remarques personnelles:
- Quand les coûts de l'exploitation à outrance des ressources communes commenceront à peser (tempêtes, inondations encore plus fréquentes…), peut-être quelques législations prendront-elles forme… Mais probablement un peu tard, et de manière insuffisante.
- J'ai de gros doutes à propos de la probabilité qu'une législation puisse résoudre les problèmes tels qu'ils sont posés aujourd'hui, à moins d'être produite par des gens suffisamment éclairés et incorruptibles…
- Les deux mamelles qui nourrissent l'exploitation de l'homme par l'homme sont à mon avis l'envie et l'avidité, pulsions originaires qui construisent le psychisme de l'être humain dans les premiers mois de sa vie. Lorsque le sujet devient mature affectivement, ces deux pulsions sont normalement tempérées par la position dépressive, puis le sujet intègre les différents aspects de sa personnalité et devient capable de percevoir son environnement humain dans sa totalité (violent résumé).
Ce que je vois du monde me paraît être l'extension de ces deux pulsions à la sphère publique. L'avidité distord le désir de croissance, d'enrichissement intérieurs en un désir de possession sans fin, par essence destructeur; l'envie perpétue les mécanismes en place: la "haine des riches" entretenue par des (di)visions manichéennes de la société n'est autre que "l'envie d'être riche à la place des riches", prolongement de l'envie originaire.
Il me semble ainsi que tant que les individus ne croîtront pas émotionnellement et affectivement, devenant par là plus matures, plus responsables, plus sensibles à eux-mêmes ainsi qu'à leur environnement humain et naturel, les déséquilibres dus à nos errements ne pourront que croître.

Ecrit par : L'atelier d'Annik | 10.06.2009

Comme je suis contente de ta venue
J'avais perdue ton lien ...alors tu me reviens...merci..
Celui là ..je vais le relire & le relire....
Parce que ce qui est bien chez toi c'est que tu es une vrai philo...moi cela j'ai pas , jamais étudiée...enfin c'est bien aussi d'être autodidacte...il n'ais jamais trop tard pour apprendre & s'élever intélectuellement...
C'est bien , vrai avant tout tes écris ...et beau aussi

Ecrit par : IsaBercée | 10.06.2009

Merci beaucoup, Annick.
Je partage votre point de vue et votre analyse.
Le bébé est par nature égocentrique et insatiable, puis grandit en appréhendant que l'autre a aussi des désirs, des pensées, des douleurs. Une forte capacité d'empathie est un gage de respect d'autrui. On peut donc en effet comprendre l'ultralibéralisme comme une grave régression, au niveau individuel et collectif.
La mise en place d'une meilleure justice sociale ne doit en aucun cas s'apparenter à une quelconque envie "d'être riche à la place des riches". C'est la richesse individuelle elle-même qu'il faut à mon sens remettre en question, pour mieux partager les ressources de notre monde et en prendre soin.
A partir du moment où les catastrophes climatiques elles-même sont pour quelques-uns des sources de profit, la législation risque en effet d'être toujours en retard d'une bataille. L'ouragan Katrina et le tsunami sont des exemples édifiants de la "tabula rasa" rêvée par les ultralibéraux : seules quelques écoles publiques de la Nouvelle-Orléans ont été reconstruites; toutes les autres sont passées au privé. Les pêcheurs ont été chassés des plages asiatiques au bénéfice des promoteurs immobiliers désireux d'édifier des complexes hôteliers.
Le vote et la pression de la rue sont deux stratégies complémentaires pour obtenir des changements.

Ecrit par : Sophie | 10.06.2009

Merci beaucoup, chère Isa. J'ai retrouvé également ton site avec plaisir. Je ne sais pas si je suis une vraie philo, mais toi, en tout cas, tu es une vraie poète... Un cœur blessé, des doigts de soie.
Il n'est jamais trop tard en effet pour rêver comme pour apprendre. On a besoin des deux. La poésie et la philosophie sont deux façons de comprendre et de révéler le monde, et bien plus proches que ce que nos catégorisations scolaires nous ont formés à croire. "On ne sait pas ce que peut un corps", poétisait Spinoza...

Ecrit par : Sophie | 10.06.2009

Ce qu'il y a de bien dans le fait d'énoncer clairement puis de partager des idées mobilisatrices et généreuses (quoique inquiétantes), c'est qu'il vient tout de suite quelqu'un pour pointer les défauts de forme ou de fond. Cela permet de progresser. Mais il y en a aussi pour vous encourager, ce qui permet de continuer.
Allez, Sophie : courage, persévérez, ce que vous écrivez est bon à lire !

Ecrit par : Don Lo | 11.06.2009

Merci beaucoup, Don Lo, pour vos encouragements amicaux. Les critiques constructives sont en effet des plus utiles, et j'en remercie encore mes très aimables commentateurs.
Inquiétude ? Ma foi, la situation actuelle me paraît plus inquiétante que la nécessité de la modifier.

Ecrit par : Sophie | 11.06.2009

L'abcès mûrit je crois, il suffit de parcourir le net pour s'en rendre compte. Et c'est pourquoi aussi cet outil dérange tant les "menteuses" qui veulent lui clouer le bec, "l'encadrer" comme le dit cette dame depuis son bureau ministériel. Brillant article qui mériterait d'être largement diffusé.

Ecrit par : Chris | 24.06.2009

Bienvenue, Chris, et merci beaucoup.
Il est certain que le net est une espace d'expression et de partage dérangeant pour le pouvoir. Les tentatives pour le circonscrire vont continuer.

Ecrit par : Sophie | 24.06.2009

Bonjour sophie
je devrais venir plus souvent ici
depuis 2005 mais avant aussi, je sens des apsirations et un élan désordonné qui sans appeler le chaos retient la déconstruction puis le remontage, le fait de rebattre les cartes pour que certains ne concentrent pas indéfiniment les atouts entre leurs mains, avoir la main, prendre la main, ne pas prendre par la main, votre pensum pour ardu qu'il soit à ma modeste personne , au moins a t il l'immense avantage d'ouvrir encore plus un champ de réfléxion déjà familier, car qui ouvre les yeux ne peut tolérer indéfiniment ce qu'il voit ! ces béances dans les apparences, ces dénis aussi, quand on n'érigé pas ou plus la franchise et la lucidité en méthode il n'y a plus d'aurige et le char tend vers l'ornière, dans tous ses états le char d'ailleurs !
j'en resterais là volontairement avant que la glébe de l'ornière ne me prenne.
mon salut le plus attentif et encourageant

Ecrit par : thierry | 04.07.2009

Bienvenue Thierry, et merci pour votre salut encourageant.
Ordonner l'élan pour lui donner plus d'efficacité, s'abstenir du chaos, rebattre les cartes, oui, je suis d'accord avec vous sur ce qu'il est souhaitable de faire. Prendre la main et ne pas la perdre !

Ecrit par : Sophie | 06.07.2009

Bonsoir dear
C'est extraordinaire tout ce que tu écrit...
Moi je viens ici comme pour feuilleté une encyclopédie...
Tu es douée & ton talent de réflection ne laisse pas indifférent..moi je serais incapable de cela..mais la philo oui me passionne aussi , et ici j'apprend...tu aimerais mon Globe fêlé & Chandra et Cyrus...façon poétique..Bercée
Vraiment well well done je vais tout tout relire...qu'elle plaisir!!!mais sur le fond et ce que j'ais compris je suis vraiment de tes avis...bien bien...extra...Sophie you're a perl...sweet kisses....oui je suis enthousiasmée.....

Ecrit par : IsaBercée | 07.07.2009

Mille mercis, Isa, Bercée de beaux sentiments.
Quant à moi, j'aime beaucoup ta façon poétique. Dire avec des moyens différents, c'est toujours dire, et tous les angles de vue se complètent... Quant à tes peintures, elles me font particulièrement penser à Egon Schiele.
Je t'embrasse affectueusement.

Ecrit par : Sophie | 08.07.2009

Je lis et je relis comme pour me convaincre encore et encore, jamais assez décillés sont les yeux, et ces esprits engourdis par la chaleur dont on profite toujours pour faire passer dans l'été des mesures sinon cachées du moins pas débattues et l'opinion au loin en lisière tenue; comment des aspirations du monde s'emparer non pour revenir sur la démesure et le veau d'or insane
remettre au goût du jour les photos de la crise, celles de 29 en misère et exil, errance et nomadisme, il y a dans ces isthmes un refoulement mauvais, mais c'est dans le défoulement que réside du peuple le génie inattentif à l'histoire qu'il écrit, quand à trop forcer le trait, les animaux de trait, n'ont plus guère d'attrait pour une morne vie orientée et sans intérêt.
A force de se tourner vers soi on oublie que c'est l'autre qui nous révêle comme la vache qui vêle et dans cette mise au monde, tous les partages sont nobles qui ne peuvent s'accomoder de placebos et de rengaines lénifiantes, après la chair à canon de 14, le cerveau disponible pour la pub, il est urgent de lire pour s'inscrire dans une autre dimension, pas fuite mais refuge, les mots puevent doper l'espoir mais ç'est à nous qu'il revient de les inscrire dans l'histoire.

Ecrit par : thierry | 13.07.2009

Epanouissement – des moyens et des hommes

Comme la fleur cherche la lumière pour lui donner sa beauté, l’homme au hasard déterminé de recherches et rencontres oriente ses pas vers des alcôves tristes étourdissant ses peines dans l’alcool et le bruit, dans une fuite qui n’en finit pas.

Comme il faut bien parfois s’abandonner pour ne pas donner de soi que des images tragiques et que la douceur a parfois le goût de l’amertume, on a l’écume des jours qui nous vient aux lèvres quand on lève son verre.

De toutes ces santés y en t il seulement une qui nous prépare vraiment à affronter ce qui pourrait venir, une montée non des périls, ou pour une seule classe, une montée des terrils pour les soutiers d’une économie qui croque et rejette, fait craquer pas comme des allumettes, avec ou sans modèle suédois, l’homme est un consommable qu’il ne faut pas se priver d’asservir dans toutes ses dimensions.

Incroyable fatuité qui de ces puissants s’empare à tout moment, maîtres du monde ils sont et invincibles ils se perçoivent, pas de raison de s’arrêter avec toute la bonne conscience qu’un don ou une charité donnent aux bonnes œuvres des dames patronnesses.

Qui donne encore de l’espoir sans lest et sans lèse autorité, un pouvoir qui s’oublie et qui se sent à l’aise au point de mouiller toutes ses alèses, voilà qui réserve de belles surprises, et dans les signes naissants d’un orage incandescent, un camp descend dans l’arène pour dire ce qui est beau et bien à ceux qui n’ont plus rien, même pas l’espoir d’un ascenseur qui bougerait les lignes et dans ces conditions comment rester digne.

Ecrit par : thierry | 13.07.2009

Merci Thierry, pour cette prose poétique, qui dit bonnement et bellement. Descendre dans l'arène, d'accord, il nous faut être nombreux pour être efficaces...

Ecrit par : Sophie | 15.07.2009

Merci Sophie pour ton commentaire matinal !

Il m'a fait découvrir tes écrits et je me suis retrouvée happée par cette écriture méticuleuse, de laquelle je me sens si proche !

Sortir de ses propres écrits et aimer ceux des autres redonne des forces pour retourner à la plume. Je me suis beaucoup promenée dernièrement dans mes carnets de poésies... délaissant un travail important qui m'attend pour terminer mon master. Je crois que tu viens de redonner un coup de fraicheur à mon esprit ! Merci, donc, collègue philosophe !

Je reviendrai bientôt sur ces pages.

Amicalement,

Claudie

Ecrit par : Claudie | 16.07.2009

Bienvenue, Claudie, et merci beaucoup pour ton amical commentaire. Je suis d'accord, il est très vivifiant pour sa propre inspiration de se pencher sur celle des autres.
Un master en préparation ? En philosophie ? Je suis très admirative !
Bon courage et amitiés.
Sophie

Ecrit par : Sophie | 17.07.2009

Shiel ...oh oh oh....
Tu penses cela....
Merci , merci, Andrea M aussi m'avais fait remarquer...
Je rougis..vraiment et oui je vais éssayer d'éxposer maintenant je suis prête ..et aussi si je vend...je ne pleureurais plus de mes travaux partis de moi...ben oui...
Je travaille dur tu sais...TOUS les jours je peind....
Moins d'écrit mais je vais y revenir après ma collection d'été terminé...

Je t'embrasse bien fort
Tite Isa

Ecrit par : IsaBercée | 17.07.2009

Merci pour cet accueil !

Un master de philosophie, oui, en éthique environnementale. Plus précisément sur la question de la diversité : biodiversité et diversité culturelle.
Je pense peut-être ouvrir un nouveau blog avec quelques articles ou extraits de mon mémoire... Toute critique sera bien évidemment la bienvenue !
A bientôt, donc !

Claudie

Ecrit par : Claudie | 19.07.2009

@ Isa
Courage, sweet Isa, pour continuer à guider en beauté et en émoi pinceaux, crayon et stylo ! Tes œuvres parties de toi continuent forcément à vivre... Je t'embrasse bien fort aussi.

@ Claudie
Bravo, Claudie, magnifique sujet en phase avec la plus brûlante (c'est le cas de le dire...) actualité. La diversité culturelle en association étroite avec la biodiversité ? C'est ce qu'on commence à appréhender, je crois, mais l'extinction massive est toujours en marche... En matière de perte de diversité culturelle je pense à l'instant aux langues, par exemple.
Un blog sur le sujet, oui, ce serait passionnant, je vous y encourage fortement.
Amicalement.

Ecrit par : Sophie | 20.07.2009

Des textes plus anciens en écho et en contre point...à la ligne près ;)

"Domino mais pas pour bal masqué"

La crise qui frappe les bourses donnent des hauts le cœur à certains financiers risque tout mais à force d’avoir joué avec les risques comme avec le feu les buissons devenus ardents rappellent que la foi dans le veau d’or ne font pas un repas à l’avance.
Tête de veau sauce gribiche pour les riches c’était le menu d’avant , soupe à la grimace avec des limaces c’est se qui semble se profiler
Et encore certains jouent avec leur nerfs et tentent en douce de se défiler.
Oui mais cette inter connexion des établissement de crédit qui lie plus sûrement que bien des pactes d’actionnaires montre qu’en actionnant dans un quasi état de panique des donneurs d’ordre devenus liquéfiés par les fluctuations soudaines et d’amplitude qui frappent à la manière d’un tsunami les sous de mamy va en auréole répandre sa fièvre de la désillusion au loin.

Tâche d’huile pour mer agitée voilà une météo qui témoigne sinon de la proximité de la période des cyclones du moins de cet œil mauvais avec lequel regardent tous ces spéculateurs qui attendaient l’argent facile par des manipulations complexes certes mais surtout perverses. Et là il pleut à verse et leur beaux espoirs sont douchés comme jamais parce que les liquidités viennent à manquer que les taux d’intérêt s’envolent et qu’à loyer cher la solvabilité est comme du béton.
Pourtant la crise couvait avec la grise mine qui obstruait le port de l’angoisse et ces faillites à répétition pour des emprunteurs insatiables qui n’avait plus les moyens de leurs ambitions à fait plonger plus d’un établissement; les banqueroutes sont des déferlantes qui emportent tout et même l’aide massive mais tardive de banques centrales aux abois ne garantie pas une nouvelle descente au enfer , pas une descente de lit mais le genre tapis perdant au poker menteur avant que la rafle ne passe par là.
Réajustement des sous vêtements d’une belle fille trop belle pour être vraie, cette finance qui base sur des coups hasardeux les revenus de toujours plus de rentiers montre ses limites et la bulle spéculative immobilière ne serait après tout pas la dernière à se dégonfler comme baudruche entraînant avec elle une cohorte de réactions en chaîne pour attester du manque de solidité des nerfs de petits joueurs ayant gros à perdre.
Pas de liquidation mais une faille qui rejoue son morceau dans une tectonique mondiale de nature à agiter de toutes parts plus que les seuls professionnels car le renchérissement du crédit ne devrait pas aider à maintenir la croissance à des niveaux aussi élevés et va compliquer l’acquisition de bien par des particuliers quand elle ne mettra pas purement et simplement la tête sous l’eau au plus asphyxiés.

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Spéculation ou spéculations, pour quel profit ?

Après le naufrage d’un couac 40 agité et pourtant rougissant, sur fond de crise qui exprime un symptôme de panique nous donnerons juste une illustration légère et comparative.
Le travail spéculatif s’il revêt une forte dimension intellectuelle, ne délaisse pas pour autant l’éthique et donne à l’homme toute sa place dans la réflexion. S’interroger sur la société des hommes, ses lois, ses règles, ses problématiques et les enjeux du futur pour sauvegarder sa pérennité est une tâche centrale pour des hommes de bien dont la liberté est avérée et les bonnes mœurs aussi.
Du spéculum au spéculoos on peut passer de l’investigation, quasi scientifique orientée vers la recherche de vérités toujours bonnes à acquérir par le travail qui en révèle progressivement quelques parcelles, à la gourmandise les excès et un appétit redoutable où la compulsivité trouve plus à s’employer que la raison ou le strict besoin physiologique.
De l’abstraction désintéressée et de ses profondeurs on passe alors au pragmatisme le plus superficiel et le moins emprunt de sentiments et de responsabilité. L’arithmétique ne s’embarrasse pas de cœur, il lui suffit d’avoir du poumon pour rythmer la fuite en avant et la recherche d’un profit sans lendemains, d’une corne d’abondance qu’on embouche tout à loisir.
Ainsi d’une même racine on peut par des nutriments radicalement différents modifier le cours des choses dans des sens très opposés.
Spéculer c’est certes toucher à une dimension symbolique des choses de la vie en essayant d’en percevoir les subtilités et le dessous des cartes dans une tentative de reconstitution de décors et d’arrière plan qui met en valeur et éclaire les situations. Mais spéculer c’est aussi viser à l’arrondissement d’un pécule, parfois hâtivement ou violemment et sans trop de scrupules sur les moyens de ses ambitions, légitimes ou pas, justifiées ou pas.
Si la spéculation peut être un moyen de partager des préoccupations et de se rapprocher des autres dans une quête plurielle et qui n’a d’ailleurs de sens que plurielle, dans l’autre acception il n’en va pas de même.
Si -il s’agit d’initiés également ils sont d’une autre espèce et l’on frôle souvent le délire en même temps que le délit, dans le but d’un enrichissement égoïste pour lequel les intérêts des autres comptent rarement et qui peut même se faire au détriment d’autres, parfois, par agilité mais aussi par ruse ou tromperie, surprise ou opportunisme.
Panique mais pas à « needle park, » pourtant on les croirait piqués après que d’avoir été dopés. Des golden boys aux « Banksters » certains se terrent.
L’économie réelle et la sueur de ses soutiers a-t-elle moins d’importance que les modèles et les montages alambiqués des as de la finance sur - vitaminés aux mathématiques mais présentement minés par une crise d’éthique et des coups de triques à en finir tricard.
C’est de cette perversion de la finance et des outils qui la servent que découle quelques uns des malheurs qui assaillent l’économie couplée à cette cavalerie incendiaire portant le feu dans les chaumières et réduisant à néant les rêves de certains. Duplicité, complicité, crédulité, promesses et manque de responsabilité ont fait le lit de la situation. Après l’immobilier le crédit à la consommation menace aussi d’imploser avec cet effet de vide.
D’une démarche au long cours, patiente et respectueuse on passe à une autre très court- termiste et définitivement centrée sur l’atteinte d’un but, l’enrichissement dans des délais courts, sans plus de raison.
Ah donc, sub-primes swaps et autres instruments titrisés sont soumis à des contraintes de rentabilité immédiate qui ont entraîné des montages osés et maintenant des coupures terribles. Les effets de levier sans règles suffisantes débouchent avec un compas pas dans l’œil sur une mise à l’index plutôt qu’à l’équerre.
La loi du profit, immédiat ou maximum s’entoure de peu de précautions et néglige les faibles et les indigents dans un rapport de force qui perd tout humanité puisque l’on ne souhaite que gagner et comme ce sont des jeux à somme nulle quand il ne sont pas destructeurs nets de création de richesse, ils peuvent ruiner tout à loisir les espoirs et la vie de ceux qui peuvent se faire prendre au piège.
L’intelligence vive et rigoureuse est ici mis à contribution pour détourner des règles et s’éloigner de vertus cardinales mettant le pourpre aux joues des analystes qui n’en peuvent mais…trop tard de constater les dégâts. Par certains côtés la spéculation prend des allures …d’enculation et le spéculum peut servir à examiner les fondements…de la crise qui s’étend du monde des investisseurs, même les plus virtuels, aux travailleurs par une contagiosité telle qu’il s’ensuit des destructions massives d’emploi du fait d’une congestion paralysante du crédit.
Les intérêts particuliers vont-ils continuer d’ignorer l’intérêt général ou le politique va-t-il retrouver un semblant d’autorité pour impulser la confiance mais aussi exprimer une certaine justice, ainsi certains parlent de crimes économiques et d’ailleurs qui a oublié Millken et ses junk bonds.
Pour que du singulier au pluriel on ne trouve plus de tels glissements sémantiques peut être faut il redonner à la morale un peu de force et de vigueur sous de nouvelles couleurs mondialisées et réglementées. Sinon la main invisible et soit disant vertueuse pourrait encore faire des siennes.
Comme disait jean Monnet dans un autre contexte « Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions ».

Ecrit par : thierry | 05.09.2009

Merci Thierry, j'apprécie énormément, c'est très "riche" (!)
Spéculer, spéculum, spéculoos... formidable ! Vous avez raison : dans les glissements phonétiques, étymologiques et sémantiques, gisent des vérités à regarder de près...
Morale, Ethique, Intérêt Général, oui... Il faut remplir à nouveau d'humanisme ces mots importants qui ont été oubliés ou galvaudés. Ils nous sauveront, seulement si ceux qui les prononcent en haut lieu s'en servent avec conscience et non comme paravents de communication pour leur cynisme et leurs mensonges...

Ecrit par : Sophie | 05.09.2009

Puisque ça a l'air de vous plaire, mais dans une veine à peine moins comico-héroïque un texte coup de gueule, coup de boule(s) contre l'impéritie et la langue de bois.

"Engagez vous – qu’ils disaient"

Quand la foule conspue ses idoles d’hier et qu’à l’approche de Pâques ces élites se comportent comme des cloches on se dit que comme sur l’île du même nom on est en train de brûler notre combustible démocratique et que ces vaisseaux qu’on saborde ne permettront plus aucun retour aucun recours.
Quand la promulgation tourne à la farce et qu’en guise d’objurgation on a l’impression d’utiliser l’ablatif plutôt que le génitif on voit bien quelle déconsidération entoure des manœuvres dilatoires plus proches, face à l’encerclement, de tentatives de la dernière chance mais qui apparaissent pour ce qu’elles sont dérisoires et inconsistantes.
La pâte n’a pas pris faute d’assez d’eau et du tour de main qui aurait pu conférer au levain la possibilité de hausser le niveau là où le soulèvement n’est que haut le cœur et pas encore haut les corps.
La tête n’a plus de prise et ce corps social qui s’abandonne et se délite se libère de ses pesanteurs et de sa gangue pour imaginer un ailleurs, encore improbable et sinueux mais marqué du signe de l’invention et de l’audace.
La conduite accompagnée même pour dirigeant sénile est une pratique délicate qui peut finir dans le décor et c’est bien le plus triste de voir le char de l’état verser dans les fossés de la désespérance, de l’illusion dissipée et de l’avenir obéré.
Comment construire une base plus solide quand les tressautements foulent au pied toute croyance dans une amélioration possible et que l’espoir déserte les rivages de la jeunesse en même temps que lui est nié la possibilité de mêler sa voix au chapitre et que c’est dans la clameur qu’elle retrouve un peu de chaleur, de confiance et de force pour dés hypothéquer ce futur fuyant qui s’échappe et ne retient pas le regard dans cet horizon flou.

Ecrit par : thierry | 06.09.2009

En effet, c'est particulièrement bien senti.
Nous vivons dans un déficit de démocratie, et combien d'entre nous s'en contentent d'un haussement d'épaules bien las ?
J'aime beaucoup cette image du "haut le cœur et pas encore haut les corps", c'est exactement ça : un mécontentement authentique, certes mais une parole qui ne fait pas encore mouvoir le corps. Pourtant, quelle puissance révolutionnaire représentent plusieurs millions de corps ensemble...

Ecrit par : Sophie | 06.09.2009

Désolé sophie , j'envahit votre espace, un dernier texte dans la même veine.


"Psycho- généalogie ou quand la mémoire nous joue des tours"

La réécriture à distance de l’histoire de notre pays quand elle est frappée de manichéisme réserve à coup sûr des surprises et au delà des conséquences incalculables.

Le besoin de mémoire est indispensable à la construction des identités mais entre révisionnisme et manipulation il est non moins nécessaire de commencer par ne pas tout mélanger et surtout ne pas vouloir imposer ou définir un ordre particulier dans la douleur et la souffrance de ce passé qui décidément ne passe pas.
Garantissant encore pour longtemps des déglutitions difficiles cette histoire écrite du sang et de la sueur de nos ancêtres mérite plus que considération pour éviter la sidération d’esprits pris dans le développement centrifuge d’une machine à braquer les communautés les unes contre les autres.

Pour savoir d’où l’on vient et quel a été le parcours de nos prédécesseurs il faut être prêts à affronter la vérité sévère qui parfois déçoit et loin du romantisme trépidant des histoires d’aventure montre d’abord la faiblesse des hommes et la nécessité de la survie matérielle sauf quand l’honneur et une cause supérieure déclenchent chez eux des capacités de combattants exceptionnelles.

Cosmopolite est notre société et ses composantes viennent du monde entier mais au delà de cette grande diversité il y a le besoin de se dire et aussi de réaffirmer une appartenance à une lignée héritiers de tant de choses, parfois les pires et les moins dites ou les moins avouables.

Elle doit apprendre à développer des liens entre toutes ses composantes faute de quoi elle sera appelée à connaître de grandes agitations et aussi être l’otage d’extrémistes qui multiplieront les raisons de conflits.

Peut on assumer collectivement le poids de toutes les actions bonnes ou mauvaises commisses par nos aïeuls ?
Nous avons été capables de passer sur les différents historiques qui nous ont longtemps opposé avec l’Allemagne ; pourquoi ne serait pas possible d’envisager graduellement de dépasser nos antagonismes avec les descendants des anciens colonisés, mais aussi esclaves ?
Tout simplement en les considérant définitivement comme inclus dans le corps républicain dans toutes les pratiques et réalités quotidiennes, que ce soit en matière de médias, d’accès à tous les postes que notre république soit disant égalitaire propose notamment.

Il est frappant de comparer notre époque d’émigration forte pour toutes sortes de raisons que ce soit économique ou politique, ou encore sanitaire et médicale. Notre pays à la longue tradition d’accueil a pourtant connu des ratées dans l’entre deux guerres avec son cortège de mesures centrées vers l’exclusion de certains et ayant débouché sur les lois de vichy.

Comment accepter que de personnes qui apportent à la société leurs compétences et leur abnégation soient traitées comme des citoyens de seconde zone avec un système à deux vitesses qui voit les médecins aux diplômes étrangers sous payés et donc légalement exploités ; retour d’une lumpen intelligentsia mise en marge.

Non décidément la comparaison de s’arrête pas là et si on voulait voir refleurir des étoiles de diverses couleurs on ne s’y prendrait pas autrement. Il y a trop d’étrangers mais surtout ne dites pas que les patrons gagnent trop en exploitant la force de travail de ces bataillons, ça pourrait fâcher !!

Alors oui refonder un contrat social et appuyer une société de demain sur des valeurs vraies d’intégration ce ne sera pas des plus facile ; oser des mesures non de discrimination positive, quoique cela fasse débat pour amorcer des tournants vertueux dans les pratiques, mais seulement de simple et stricte application et respect des lois pour que l’on en finisse avec ces lieux de non droit où il est si facile d’acculer et de maintenir des faibles, des démunis, des mal informés, des pusillanimes et cela toujours avec le sentiment du bon droit ou le cœur sur la main !!

Non il n’est pas temps d’oublier mais de rassembler les souvenirs pour empêcher des choses folles de survenir. Qui ne voit que l’on cherche à dresser les faibles contre les plus faibles pour le bénéfice que d’une infime frange de la population ; ploutocrates et oligarques confondus là où certains prédisent ou organisent le grand soir on voit poindre et monter des dangers des radicalismes sectaires au nom d’un rejet des valeurs universelles.

La réaction produit son panache de fumée qui endort et anesthésie qui instrumente en douceur les circonstances. On peut aider au lointain comme les dons massifs pour le tsunami l’ont montré mais dans le même temps les rangs des soupes populaires grossissent à vue d’œil et les situations de dénuement et de mendicité se multiplient.

Alors les nantis apeurés se réfugient dans des propriétés hermétiques et cachées car quand la misère s’étale la richesse se voile pudiquement sauf à s’appeler Arnaud dans un faste souverain et déplacé où les politiques sont conviés. Le pouvoir respecte seul le pouvoir et méprise sinon la piétaille.
Non cela ne se terminera pas bien pour un état centralisateur en diable au pseudo démocratisme qui voisine si mal avec les velléités girondines il y a péril à demeurer ainsi et à défaut de se sentir jacobin on jettera les jacques au bain !!

Entre la faiblesse incarnée d’un pouvoir déliquescent et des forces occultes boursières et financières la lutte est inégale mais ce sont toujours les même qu’on régale ; la lutte des classes est en cours de reconstitution mais pas historique, plutôt hystérique et malgré les ratios ce sont toujours les mêmes soutiers qui trinquent mais que de mesurettes en expédients on alimente de promesses là ou les excipients sont au fond du récipient.

Les travailleurs de toute nature vont ils accepter cette pente dangereuse vers laquelle nous glissons chaque jour un peu plus avec ces savonnettes qui ont nom mondialisation, libéralisation des échanges, et se voir sauvagement des loques sous les alizés transformés non pas seulement par l’impéritie de dirigeant toujours avides de plus de dividendes mais aussi par une compétition féroce et désorganisée, sans loi précise autre que la libre circulation et le délit d’entrave comme gimmick !!

La sociale a des souvenirs à revendre, des mutuelles et des coopératives pleins les valises et des mots d’ordre d’entraide pour tirer de mauvais pas les proscrits en déroute.
Mais le chômage nourrit l’emploi à bas coût qui nourrit la richesse des possédants et ce cercle vertueux pour certains est un abîme pour d’autres.
Notre productivité est telle qu’organisation ou pas, compétence ou pas, on ne peut faire des gains colossaux maintenant alors qu’en fait on est si bien placé. La faute à l’Euro qui rend les exportations difficiles en zone dollars, des marges difficiles à reconstituer alors que les réserves de change sont toujours nécessaires ; surtout la faute à une Europe faible et en ordre dispersé qui n’n peut mais à quoi bon !

Les forces centrifuges sont mauvaises au sens de l’unité car au delà de l’énergie cinétique la rotation des effectifs et des mécontents accumule sur l’état toutes les attentes et les doutes là où il faudrait doper l’esprit d’entreprendre avec des garde fous ; transition entre deux époques, entre deux systèmes, le déficit abyssal ouvre en plus du doute un ceux sans précédent dans la vague de croissance et rend le surf budgétaire encore plus aléatoire et périlleux ; car enfin qui va solder les comptes à la toute fin et devra éponger un matelas de dettes où les gouvernants successifs nous on plongé vivant à crédit et surtout ne montrant pas l’exemple et ne se privant de rien ce qui n’est pas le moindre paradoxe d’une situation explosive.

Alors pour quand la conflagration, quand tous les ingrédients sont là réunis ?

Ecrit par : thierry | 08.09.2009

Merci pour ce texte bien senti, Thierry. Je suis d'accord avec vous sur toue la ligne.

Ecrit par : Sophie | 09.09.2009

Dans une journée bien triste, un envoi de plus, ni urgent, ni fondamental, juste une envie de partage, comme souvent ! Bonne journée sophie.


"Des règlements qui n’empêchent pas les dérèglements… en série"

Mais non ma brave dame, tout ne fout pas le camp ; pas de nostalgie, de soit disant jours meilleurs !
En fait il s’est passé simplement un changement global et radical qui par contre menace d’éradiquer quelques larges portions exposées et sensibles de notre terre.

Le possessif est un peu malheureux et outrancier ou alors plein de regrets, sauf à considérer que nous ayons la volonté délibérée de changer les choses et d’aller vers un meilleur partage et une utilisation raisonnée des pauvres ressources qui nous restent encore.

Face à la portion congrue d’un beau gâteau largement entamé dont il ne reste que quelques parts (cimonieuses mais pas saint simoniennes) plusieurs attitudes sont possibles dont la concupiscence et une forme compulsive de jouissance ou encore, mais bien plus rare, le souci de par une culture de la survie en milieux extrêmes du rationnement et de la rationalisation des pauvres restes à partager équitablement ou proportionnellement aux besoins.

Pourtant la minute de vérité approche qui verra le commun des mortels devoir se poser en question la juste question pas par autodétermination mais par responsabilité individuelle et collective de devoir faire des choix gravissimes.

Abandonner cette culture de l’abondance dont l’hédonisme est un des avatars pour se tourner vers des attitudes raisonnées et économes visant à tirer le meilleur parti en tant et en heure de la ressource brute telle qu’elle se présente.

Là n’est ni banal ni anodin ce type de choix et d’autocontrainte plutôt d’auto conviction sur ce qui est juste et nécessaire pour assurer la survie collective d’un biotope pillé et déliquescent avec une dimension financière et patrimoniale qui engage enfin non seulement le temps mais l’espace.

Finit le hic et nunc qui provoque le hic, le tic et le haussement d’épaule ; il va falloir trancher entre investir pour l’avenir avec ce que cela comporte de conséquences ou alors fonctionner en flux impropres et inconstants qui devraient souvent prendre au dépourvu les imprévoyants, inconséquents, inconsistants qui musardent le nez au vent et profitent comme si il n’y avait que cela.

Pendant ce temps là le temps fait, lentement et patiemment, son œuvre et il nous montre, chaque fois plus, combien la dilapidation de ressources limitées, fragiles bientôt contingentées va rapidement causer des troubles inestimables, in- quantifiables mais cette fois macroscopiques.

Alors oui le salut est dans les bonnes habitudes considérées comme rétrogrades et passées de mode face au tout consumérisme comme si c’était idiot et hors du temps de faire une balance entre réserves, provisions et durée plutôt que de puiser à fond éperdu dans ce tonneau déserté par les danaïdes puisque l’on peut tout se permettre à crédit.

C’est là, sans jouer les rabats joie, que réside le principal malentendu et la surdité ambiante à des valeurs d’économie et de parcimonie qui sont restées vertueuses et efficaces, à un appel solidariste qui nous assaille de toute part par les exemples quotidiens du monde émietté qu’on nous propose loin des universaux.

L’endettement outre qu’il grève par des choix mal raisonnés les priorités entraîne « ipso facto » un alourdissement inconscient au sens du développement durable de la charge sociétale qui va peser sur nos successeurs.

Vivre à crédit et entamer des réserves fictives est du domaine du suicide collectif comme l’a déjà démontré dans son ouvrage fondateur sur la fin des civilisations un opus reconnu.

Le court-termisme avec l’activité thermique ambiante et la surchauffe d’économies saturées de tout montre bien quel faux calcul cela représente alors que globalement les conditions d’existence pour ne pas parler de bonheur de nos cultures disparates sont diverses et profondément choquantes dans leur amplitude.

Sans devenir un croisé ni un damné de la terre (à la mode de Salgado) défendant l’autarcie et le repliement il faut bien considérer que des spectres comme celui de Las Vegas sont des mirages de poudre d’or qui retomberont un jour en cendre en poussière.

Ne reprenons pas l’exemple de Sodome et Gomorrhe dans une logomachie incantatoire et farouchement rétrograde. Posons clairement la problématique du progrès pour tous avec ces corollaires que sont les diverses ingérences qui supposent une gouvernance mondiale, un multilatéralisme équilibré et surtout un respect des différences qui ne cache pas cette condescendance hautaine.

Le musée des arts premiers est un premier pas, et en cette année du centenaire de Levy Strauss il faut bien constater que c’est par l’illustration rationnelle en s’éloignant des schémas fictifs et fantasmatiques qu’on pourra en rassemblant ce qui est épars montrer d’une part ce pillage insupportable et d’autre part cette beauté insoupçonnable qui parsème le monde sans qu’aucun îlot n’y échappe.

Ecrit par : thierry | 20.09.2009

Bien d'accord avec vous, Thierry.
Les déficits sont volontairement créés pour permettre aux profiteurs des marchés financiers et aux actionnaires goulus de se goberger plus encore. Une culture de l'avoir et de l'exploitation d'autrui dans laquelle nous sommes nombreux, pourtant, à mon sens, à ne pas nous reconnaître.
Il vaudrait mieux instaurer pour tous à une simplicité riche de sens, avant que l'épuisement des ressources naturelles ne nous y contraignent de manière beaucoup plus violente.
Revenons donc à la "portion congrue" pour tout le monde, au sens étymologique de la formule, c'est à dire une portion convenable !
Bonne journée, et désolée d'avoir tardé à répondre, le travail en est responsable !

Ecrit par : Sophie | 23.09.2009

Merci mille fois, Sophie, pour ce billet exceptionnel d'intelligence et de lucidité sur ce sujet si difficile. Je suis à 100% d'accord avec vous, et stupéfait par votre maturité... Merci mille fois aussi pour vos réponses aux commentaires, notamment à ceux de Michel Gros. Vous avez mille fois raison en lui rappelant qu'il s'agit aussi, et peut-être d'abord, d'un problème moral.

J’ai laissé récemment chez Isabelle Delannoy un commentaire disant notamment ceci : « En France, avec Sarkozy, la décomposition - notamment morale - connaît une incroyable accélération. Le fruit est quasiment pourri. On attend qu'il tombe de l'arbre. »

Ecrit par : Un autre Jean | 30.10.2009

Merci dix mille fois, Jean.
Ma foi, je ne suis plus si jeunette, et j'espère en effet parvenir à faire avancer une relative maturité de pair avec ma quarantaine (entamée jusqu'à un point qu'une discrète coquetterie m'empêche de préciser...!), tout en préservant une grande fraîcheur devant les belles choses !!
La morale, oui. La critique du capitalisme et de ses méfaits en terme de morale, me paraît indispensable, sans quoi on en reste à une querelle d'idéologies. Or tout ne se vaut pas. Je crois en certains universaux.
Ah si le fruit pourri pouvait tomber une fois pour toutes de l'arbre! Le niveau d'abjection atteint par la clique sarkozyste est en effet insoutenable. Mais tant qu'il est alimenté électoralement, il s'accroche...
Merci de m'avoir fait connaître le passionnant blog d'Isabelle Delannoy.
Donc à bientôt, j'espère !

Ecrit par : Sophie | 30.10.2009

A l'heure du monde multipolaire quand les pôles magnétiques risquent de bientôt s'inverser comme l'indique l'anomalie de l'Atlantique sud, avant que de se retrouver cul par dessus tête, à la recherche d'une autre aimantation.

"Boussole sociale"

En quête du moindre signe
On se sent pécher à la ligne
Des indications sur l’horizon
Certes on n’est pas à Barbizon
Et pour trouver les couleurs
D’un avenir tout en pâleur
Il convient d’écouter battre
Le cœur du peuple triste
Qui agite soudain son ciste
Avant que d’aller s’ébattre
Dans le champ des chimères
Là où rode la potion amère.

Ecrit par : thierry | 31.10.2009

Automne 2005, quatre ans déjà, qui a pu oublier ?
un petit rafraîchissement... de mémoire d'homme.

"Crise républicaine d’ampleur"

C’est une crise majeure pour les institutions pour leur légitimité et pour le pouvoir pour sa crédibilité et qui révèle l’inanité d’une politique qui s’égare
Depuis trop longtemps dans des sens alternatifs avec des aller – retour qui bloquent toute avancée.

On peut envisager l’aspect systémique des poussées de fièvres qui nous conduisent au bord des émeutes, pas encore de la faim mais de la dignité et du respect pour les origines et la situation difficile.

On peut diagnostiquer des manques et des absences criantes dans la durée des médiateurs de tout poil qui dans les associations de quartier, dans les écoles servaient de tampon à une misère sociale institutionnalisée mais qui ne disait pas son nom ;
de l’argent pour les banlieues et un peu moins pour les nantis, comment de pas faire la corrélation entre les mesures votées sur l’ISF et l’état d’abandon, de laisser-aller de certaines zones de non droit « Res nullius » dans ce sentiment d’égarement, de déraillement parce que l’on ne voit aucune sortie du tunnel et que quitte à ne rien y voir on va y mettre de la fumée et des lacrymogènes (pour ne pas dire lacriminogènes) .

On peut tenter une interprétation sous couvert de modernité sur le virtuel qui se substitue au réel et sur le live qui permet de se sentir acteur par défaut, d’exister et de s’opposer pour contrer une machine aveugle, aveuglante, abaissante.

On peut dire que, après la Play station c’est la plaie banlieue, publique mais pas pudique, violente et volante ; que comme sur les bancs il n’y a pas de place pour une position confortable que tout se réduit même l’espace de liberté des trafics occultes.

On peut dire que les meutes de l’émeute sont mues par des mobiles (gendarmes) qui ne les font pas se coucher devant le pouvoir, ivres de revanche qu’ils sont après trop de discriminations, que c’est dans cette fuite en avant qu’ils espèrent une forme de salut (public), en forme de pied de nez à qui incarne l’autorité roide et peu compatissante pour leurs destins de galère, leurs festins de misère.

Quand Azouz Begag bégaie, Sarkozy nie, quand l’un prône l’écoute, la tolérance et la spécificité l’autre invective, condamne et damne.

Quand la représentation nationale, toutes tendances confondues va-t-elle instituer une enquête, réaliser un bilan, définir des mesures pour que notre machine à exclure renvoie dans les limbes des extrêmes des sans ; sans avenir, sans illusion, sans espoir qu forment assurément le gros des bataillons de ces hordes qui défilent vociférants, qui défient arrogants des boucliers humains.

La loi seule et dure ne suffira pas sans commisération, sans regrets, sans excuses ; c’est la mémoire des ancêtres, le retour du refoulé qui passe au défoulé, la psycho généalogie pour ceux qui sont gênés au logis.

Ce n’est pas anodin de noter les concomitances le mitage, les limites d’age qui veulent que c’est à la rupture du jeun (pas forcément si bien supporté dans ses conséquences psychologiques et physiques) mais aussi après le vote d’une loi scélérate qui encense l’œuvre civilisatrice de la colonisation, la commémoration du massacre sous Papon, et l’affaire Ben Barka qui revient enfin par le cinéma quarante ans près que se produisent ces événements troublants où trublions se déchaînent.

Bridés (parfois doublement), peints des couleurs de l’infamie par certains, par celle du désespoir par d’autres ils affrontent le regard réprobateur des autorités mais cette rébellion contre la loi du talion est un signe d’acculement, de non retour.

Tous ces témoignages confortent la demande de vérité, de courage, de justice pour reconnaître et accepter, donc pour intégrer des personnes qui font partie par leur histoire personnelle de notre communauté.

Les anglais viennent bien de rendre hommage aux morts de Mers el kébir, plus de 60 ans après la mort tragique de 1300 marin français et bretons pour beaucoup !!

Que l’on redonne du souffle, du mou, qu’on lâche du lest car sinon les contraintes, la pression insidieuse vont continuer d’agiter les esprits, à l’oeuvre au noir les tourments comme palette.

Qui tient des manettes, qui voudra s’avancer et tendre la main ?

Ecrit par : thierry | 31.10.2009

J'ai aimé ton texte mais certains commentaires ont épuisé mes méninges. Je me sens instinctivement en phase. L'insurrection sera instinctive mais il faudra l'organiser. Vive la mondialisation capitaliste accélérée et exacerbée qui se retournera contre ses auteurs, qui suprimera les délocalisations, les vases communiquants, qui permettra un syndicalisme planétaire, un lobby mondial des consommateurs...mais tant qu'il y aura des divisions!...Des langues, pourquoi pas, mais avec un espéranto en communion; des religions, avec la laïcité en trait d'union...Bon! On sera mort bien avant, mais il faut commencer à préparer le monde, avec vos cerveaux et avec nos tripes. Cultivons ces tripes si on ne veut pas qu'elles se fassent étriper à la première insurrection mal préparée. Et attention! Il faut que les cervaux puissent être compris(assimilés) des tripes, sinon il y a rejet de la transplantation sociale.

Ecrit par : Vieux marmot | 01.11.2009

Bienvenue, Vieux marmot, et merci pour ton commentaire.
Chacun ici a la liberté de dérouler sa pensée, mais je suis d'accord avec toi, cerveaux et tripes, théorisation et intuition, doivent marcher de concert (et tu me parais bien pourvu des deux côtés !). Je me demande toutefois s'il faut souhaiter que tout aille encore plus mal pour qu'advienne enfin la révolution salutaire; cette idée est particulièrement déprimante mais tu as probablement raison : il faut apparemment un effet de saturation avant que les choses changent en profondeur. Mais écologiquement parlant, s'il y a saturation, c'est qu'il sera trop tard... Alors foin des divisions, que je déplore aussi : les forces de transformation sont beaucoup trop atomisées. Que valent les querelles de chapelle face à l'urgence ?

Ecrit par : Sophie | 02.11.2009

L'écologie est un préalable. mais l'urgence est dans la sauvegarde de l'environnement vital, ce qui ne remet pas en cause la notion d'exploitation. Plus cyniquement, l'urgence sociale n'a que faire de l'urgence individuelle et vice-versa. Ca, c'était mon constat pessimiste, mais j'ai la faiblesse de croire en l'homme, puisque tu existes et bien d'autres avec toi et au delà du constat je suis foncièrement (viscéralement!) optimiste. Il n'empêche, j'ai mal à l'urgence sociale et à l'urgence individuelle, pas la mienne, puisque j'ai le confort du blogueur...(je suis un adepte de la suspension...lol...)

Ecrit par : Vieux marmot | 03.11.2009

Sophie, je réponds un peu tardivement à votre commentaire à mon dernier commentaire. De fait, tout ne se vaut pas. Je vous rejoint absolument sur ce point.

A propos de la clique sarkozyste qui s’accroche, je pourrais ajouter que si ce n’était pas si grave, nous pourrions rire parfois, par exemple, quand cet ami des très riches, ce collabo de la barbarie ultralibérale récupère la résistance en imposant aux enseignants de lire dans leurs classes la lettre de Guy Mocquet. Il nous fait vivre dans un bain, un climat avilissant de forfaiture intellectuelle.

J’ai relu plus attentivement votre texte : « Le cœur de la forteresse » qui vous amène, nous amène, de l’ordre de la sensation, à la question - brûlante ? - de la transcendance. J’en conclus que vous êtes parfaitement équipée pour lire les ouvrages de Jean Klein. Je ne sais plus si je l’ai précisé. Ses livres sont la retranscription d’entretiens qu’il donnait devant de petits auditoires. La langue en est précise mais simple. Et ce n’est pas ennuyeux. Vous verrez que, selon lui, si je ne me trompe pas, le cœur et l’esprit, ainsi que les sensations, peuvent se déployer totalement s’il y écoute, plus exactement dans l’écoute. Il insistait beaucoup sur l'écoute. Vous savez très bien qu'avec l'écoute, notamment des sensations, nous sommes à pied d'œuvre...

Je me représente votre forteresse dans un paysage sur lequel passeraient, bien sûr, les saisons et les années. Je la vois sous la forme d’une tour et c’est un archétype. J’ai alors pensé à C.G. Jung.

Vous-même, comment la voyez-vous ? Une autre petite question amusante : pouvez-vous imaginer plusieurs forteresses dans ce paysage ? Plusieurs forteresses, un grand nombre de forteresses sont-elles possibles, sont-elles imaginables dans ce paysage ? Ou bien, est-ce que cela résiste un peu ? Et pourquoi ?

Ecrit par : Un autre Jean | 03.11.2009

@ vieux marmot
Urgences sociale, individuelle, écologique, c'est une synergie d'urgences et tout est lié ! Aucune de ces questions n'est indépendante des autres. Je ne dis pas comme certains "un autre monde est possible", ce slogan me semble peu approprié, bien trop vague, on n'a qu'un seul monde et il faut bien s'en débrouiller, on n'en gommera jamais toute imperfection, mais "un autre système d'organisation sociale, économique et politique", c'est bien différent. On a besoin d'un puissant outillage théorique, que la plupart des partis de gauche ne savent hélas plus manier.


@ Un autre Jean
Bien d'accord. Lorsque les gouvernants eux-mêmes font profession de haïr la culture, il y a de quoi être terrifié...
Les auteurs que vous avez eu la gentillesse de m'indiquer m'intéressent indéniablement. Tout questionnement sur l'homme m'intéresse, et je ne crains guère l'ennui à lire ceux qui tentent de formuler correctement les questions et d'y apporter leurs réponses.
La transcendance ? Oui, mais si humaine. Péché d'orgueil, peut-être, mais la seule à ce jour dont l'idée me séduise...
Parlez-moi un peu de Jung, si vous le voulez bien, je connais mal, et je ne vois pas le rapport avec la tour.
La forteresse de mon esprit, je la vois bien entourée de courtines, soigneusement festonnées de créneaux et de merlons, avec en son centre une tour fière et droite, aux murs épais, dorés par le soleil couchant, surmontée d'un élégant toit en poivrière dont la pointe défie le ciel... On ne s'y ennuie pas, on s'y réfugie et repose, on y devise, on y lit, on y réfléchit, on y fait de la musique et on y rit aussi... Elle se dresse dans un paysage de conte où vivent beaucoup d'autres forteresses. Tous les ponts-levis sont ouverts et on se rend volontiers visite, comme ici...

Ecrit par : Sophie | 03.11.2009

Sophie, il n’y a que le moi qui puisse pécher en s’appropriant ce qui ne lui appartient pas. Il ne peut y avoir aucun péché d’aucune sorte dans le retour à soi, au Soi.

Jung est le psychologue des profondeurs. Entre autres choses, il est le découvreur de la synchronicité (survenue simultanée et inattendue d’événements faisant sens), phénomène qui, à vous lire, si j’ai bien compris, vous concernerait parfois.

Pour avoir lu son livre autobiographique : « Ma vie - Souvenirs, rêves et pensées » (Poche Folio), je savais que Jung a bâti une tour. Il l’a élevée en Suisse, à Bollingen, en plusieurs étapes, pour, à ses dires, matérialiser dans la pierre ses idées et le sens qu’il avait de la totalité. Elle est devenue sa maison. Réouvrant ce livre pour me rafraîchir la mémoire et répondre à votre question, je constate que le chapitre VIII s’appelle « La tour ». A l’occasion, dans une librairie, lisez les premières pages de ce chapitre. Je serais très étonné si vous n’emportiez pas l’ouvrage pour une lecture à tête reposée dans votre refuge.

A la fin de sa vie, après un rêve, il a conçu et réalisé avec quatre de ses élèves un beau livre illustré : « L’homme et ses symboles » (Robert Laffont). Entre autres choses, il aborde dans cet ouvrage le problème de notre folie collective contemporaine - qui a accouché du nazisme en Europe. Notre civilisation est malade. Elle ignore qu’elle est acculturée et maintenant en voie d’auto-colonisation. Cependant, Jung n’a pas été initié, n’a connu de l’intérieur aucun chamanisme, aucune religion animiste. Ce qui, selon moi, constitue un manque.

Je place Jean Klein et ce qu’il représente au-dessus de Jung. Jung nous a donné, entre autres choses, les clés de l’individuation réussie. Jean Klein va - absolument - au-delà de toute notion d’individuation.

L’image de votre forteresse est riche et vivante. Je la regarde avec une grande bienveillance et crois mieux voir où vous en êtes. Seriez-vous étonnée, voire choquée si l’on voyait dans sa tour un symbole phallique ? Il s’agit d’un symbole universel. Je note que sa pointe défie le ciel. La terre et le ciel seraient-ils un peu en conflit ? Leurs relations seraient-elles encore un peu orageuses ?

Vous verrez qu’à un certain niveau, bien que cela semble paradoxal et impossible, il ne peut y avoir qu’une seule forteresse - où vous êtes, bien sûr. Amusant, non ?

Ecrit par : Un autre Jean | 08.11.2009

Merci, Jean, pour ces éclaircissements sur Jung, fort intéressants, qui me donnent envie de trouver ce bouquin. Malade, notre civilisation ? En effet. Ceci dit, je ne vois pas la religion comme un secours, bien qu'on puisse avancer qu'une religion animiste a l'avantage de postuler en premier lieu le respect de la nature et des animaux. Il me semble qu'une religion n'est jamais une solution, mais un problème supplémentaire !! Désolée si c'est moi qui vous choque !
Symbole phallique ? tiens, tiens, je n'avais pas vu ça, non je ne suis pas choquée, je trouve ça rigolo, et le symbole phallique est en effet extrêmement ancien. Mais un élancement vertical du moi, qui est une façon plutôt gratifiante de représenter mes efforts de sublimation du quotidien et d'élévation de l'esprit par la réflexion et la lecture, aurait-il cependant forcément quelque chose de masculin ?... Je ne crois pas ! Ceci dit (je dérive un peu), j'avoue, tout en étant capable de prodiguer beaucoup de douceur à mon entourage, qu'il me déplaît généralement d'être qualifiée de "douce" comme s'il s'agissait d'une réduction sexiste de ma personne, mais qu'une douceur masculine est par contre très valorisante à mes yeux... Bizarre, hein ?! L'identité féminine, l'identité masculine, vastes questions...
La terre et le ciel sont toujours en conflit, de toute manière... Tout dépend ce qu'on fait de ce conflit, de l'art ou du malheur...
La forteresse est où je suis, je suis d'accord. Mais l'empathie forme une bonne paire de jumelles pour tenter d'apercevoir les autres...
Aller au-delà de toute notion d'individuation ? Alors là, Jean, je me cabre ! Je tiens à mon individuation ! A quoi sert d'être vivant et humain, sinon ?!
Bonne soirée !

Ecrit par : Sophie | 08.11.2009

A propos des religions, vous ne me choquez pas Sophie. Mais pour certains chercheurs, certaines chercheuses, les religions qui les touchent sont une vraie solution, un vrai chemin, au moins temporaire. Je ne parle pas de ce qui se passe pour les masses embrigadées.

En écho à votre impression, j’ai ressenti chez vous, je ressens chez vous une évidente féminité et cette autre chose qui pourrait être qualifiée de masculine ou mieux, être dite hors genre.

Vous me faites sourire et même rire quand vous vous cabrez. Pour l’homme, l’individuation est une étape. Une étape importante mais une étape. Sophie, imaginez un troupeau de moutons individués… Homo sapiens est appelé à mieux. Non ? Il semblerait même qu'il y ait une certaine urgence.

Ecrit par : Un autre Jean | 16.11.2009

Je ne vous confonds évidemment pas dans une masse embrigadée, Jean ! Et je comprends que sur le chemin des chercheurs de réponses, la religion peut un jour se profiler. Mais je ne pense pas que cela puisse m'arriver, pour autant que je puisse juger de moi-même.
Hors genre, j'aime bien cette idée, au sens où j'apprécie peu les attributions conventionnelles de tel ou tel goût, propension, attitude, à la définition des genres masculins et féminins. Mais ceci dit, la psyché masculine reste encore pour moi assez énigmatique...!
Je crains de vous faire encore rire en jouant le canasson rétif ! Je vois quelque contradiction dans les termes "troupeau de moutons individués". Un troupeau de moutons n'est justement guère individué... Et c'est en quittant le comportement moutonnier qu'on peut affirmer son individualité, non ? Qu'il y ait urgence, je suis bien d'accord avec vous.
Pas trouvé le Jung. Il me faudra aller à la Fnac, lorsque je me rendrai "à la ville" !
Passez une bonne journée.

Ecrit par : Sophie | 18.11.2009

Ne craignez rien quand vous vous cabrez, Sophie, car cela me fait rire. De plus, j'y vois un beau mouvement féminin.

J'ai lu votre très beau et émouvant texte "Ecrire à la hache". Ecrire, oui vous écrivez. A la hache ? Je ne trouve pas. Vous écrivez à la perfection. Comprenez-vous ? Bien sûr, vous ne pouvez pas le dire. Nul ne peut dire qu’il écrit à la perfection. Il est seulement possible de dire : ceci ou cela est écrit à la perfection.

Du coup, j’ai ouvert un livre de Jean Klein intitulé « La joie sans objet » (Ed. Mercure de France). Vous pourrez y trouver sur la joie des considérations très appropriées aux suites de votre expérience bouleversante et à votre esprit aimant, rigoureux et philosophique.

Mais j’y trouve quelque chose qui fait écho à votre sentiment de ne pas être définie, par exemple, par le seul genre féminin. Selon Jean Klein, quand nous avons vraiment compris que la joie, la plénitude ne peuvent être trouvées dans les objets (dans la consommation, la distraction, etc.) qu’elle est en nous, « nous sommes renvoyés à nous-mêmes, à ce que nous sommes essentiellement ; c’est un état de solitude, de silence dans lequel on s’éveille. Ce silence, cette attention pure est … une attention à l’attention, elle est dégagée de toute conception de durée, de volume, de temps et espace et, en fait, ce siège de la conscience, ce noyau, cet axe de gravité autour duquel la personnalité s’est greffée contient notre véritable nature, laquelle est au-delà de tout conditionnement. » Est-ce que cela vous parle ? Si ce n’est pas indiscret, connaissez-vous des moments de silence ?

Avez-vous vu le troupeau de moutons individués ? Trop comique, non ? Bien sûr, vous proposant cette image, j’ai fait appel à votre intuition, histoire de court-circuiter une seconde votre intellect - c’est lui qui est rétif. Je ris… Bonne journée à vous aussi. Et merci de votre attention.

Ecrit par : Un autre Jean | 19.11.2009

Cela me parle, faire attention à l'attention, oui, je comprends bien et cela m'enchante, mais me donne envie de répondre que certes, j'accepte volontiers la nécessité de respecter et d'apprécier des phases de solitude et de silence si l'on veut un tant soit peu se comprendre soi-même. Mais nous ne sommes pas humains, sages et sereins tout seuls; on se comprend aussi dans le rapport à l'autre, aussi difficile puisse-t-il être souvent. La solitude ne me gêne pas (d'ailleurs je travaille seule, chez moi, en totale autonomie et cela me plaît ainsi). Mais je pense que la joie et la plénitude se trouvent en l'autre plus encore que dans la confrontation de la conscience seule avec le monde, aussi splendide puisse être par exemple le spectacle de la nature.
Par ailleurs, je pense que l'état de conscience est forcément tributaire de la durée et de l'espace, même s'il peut s'agir de durée et d'espace intérieurs... Notre esprit contient des mondes, mais ses représentations ne peuvent être découplées des sens.
Je ne sais si mes moments de silence ressemblent à ceux de Jean Klein ou aux vôtres... Mes moments de silence et de sérénité sont généralement très peuplés par les mille constructions mentales qui s'y entrecroisent ! Peut-être me faudrait-il épurer un peu !
Merci pour ce que vous dites à propos de mon écriture. Pour être franche, j'ai le sentiment que je progresse, mais il me faut m'améliorer encore. Je cours toujours après le temps : je voudrais pouvoir prendre trois mois, ne faire que ça et en ressortir avec un bouquin ! Le désir d'écrire est chez moi un élan ancien et profond; j'ai l'impression que c'est la seule chose que je sais vraiment faire, à part évidemment aimer ceux que j'aime...
Je vous souhaite une bonne journée plein de choses épanouissantes.

Ecrit par : Sophie | 20.11.2009

Echo lointain

"Travail oui, esclavage non !"
Le travail est une grande valeur fondatrice dont on ne dira jamais assez les corollaires d’engagement, d’accomplissement et aussi à l’occasion de solidarité.

Le travail est rare, les chômeurs se multiplient et pourtant il est payé parfois avec un lance- pierre faute de l’avoir mieux organisé et d’avoir formé les personnels en leur donnant des outils pour devenir plus efficients mais aussi pour évoluer, ce qui est logique dans une perspective de progrès continu.

Pourtant on constate que le machinisme a dopé le productivisme et la croissance mais que cela ne s’est pas forcément fait à l’avantage de l’homme de base dont la peine, le labeur et la sueur ne sont pas épargnés.

Car certaines taches et opérations se font encore et toujours manuellement, car qualifié ou pas l’homme est encore trop souvent la plus belle et la meilleur des machines à qui on peut confier tant de responsabilités et de pression aussi.

Les journaliers comme les petites mains étaient payés à la tâche et aux pièces (ce qui faisait dire à certains dans un renversement de perspective et pour montrer leur non aliénation « on n’est pas aux pièces »).

Le travail est par nature inégal dans son intensité physique ou mentale, les aptitudes physiques, intellectuelles ou morales qu’il requiert, les contraintes qu’il fait peser sur les hommes et les femmes.

Une seule certitude tous saufs les rentiers y sont assujettis pour gagner leur pain quotidien et un peu plus pour certains.

Quel est donc ce travail qui envahit et obscurcit tous les esprits dans une obsession terrible, au point d’obnubiler les parents chargés d’enfant.

Dans l’actualité récente et fréquente il est symptomatique de penser à ces démarches automatiques qui s’enclenchent et sur ces préoccupations qui prennent le pas au point d’oublier de pauvres rejetons dans des habitacles même pas sur le thème de la course aux jetons de présence, mais sur le caractère impératif de cette activité dévorante qui pourrait au temps faire le même sort que chronos.

Il est affligeant de penser qu’alors que notre bien le plus précieux et surtout le symbole d’un espoir pour le monde de demain, bref notre progéniture soit maintenant donnée en pâture à ce capital qui nous casse les reins et fourbis contre nous, fourbus, une loi d’airain, mais quand en plus l’aliénation devient telle qu’en plus on oublie le plus important au bénéfice d’un outil certes alimentaire mais que le plus élémentaire n’est plus respecté, c’est vraiment un tournant et l’enfantement de maux terribles qu’il est difficile de qualifier pénalement.

Pas ravisseur mais un raviseur, comment aviser les parents de se raviser et de n’en rien faire, sans penser tant et plus à ces chers petits, il faut donner une place équilibré à chacun dans une vie qui sinon ne pourra plus s’écouler calmement du tout, déjà que chacun court en quête du temps perdu, déjà que chacun à la gagner sa vie, s’ingénie parfois à la perdre un peu plus dans ces constats terribles et stériles à la fois.

Ecrit par : thierry | 20.11.2009

D'accord avec toi, Thierry. Perdre sa vie à la gagner, placer l'homme au service de l'économe, plutôt que l'économie soit au servie de l'homme, sont des aberrations anthropologiques.
Les puissants règnent plus facilement sur des automates que sur des esprits libres et affranchis de la peur.
Bonne journée à toi.

Ecrit par : Sophie | 22.11.2009

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