24.04.2009

Cave Canem, Cave Hominem

messak settafet.jpgLes décrets d'application de la loi sur la rétention de sûreté, vouée à traiter le cas de condamnés considérés comme dangereux à l'issue de leur peine, et ceux de la dernière loi concernant les chiens catégorisés dangereux, sont parus en novembre dernier. Si cette synchronie n'est assurément qu'une coïncidence, les motivations à l'origine de ces innovations pour les chiens et les hommes sur lesquels les pouvoirs politique et médiatique focalisent les hantises sécuritaires de l'opinion publique, semblent obéir au même sous-texte idéologique, les unes seulement en avance sur les autres.

La vive propension qu'a montrée le présent gouvernement à rapidement produire et faire voter des textes de loi à chaque fait divers médiatiquement important, constitue un piètre usage des instances républicaines. Certes, il est de la responsabilité des pouvoirs législatif et exécutif de remédier aux dysfonctionnements sociaux, d'élaborer les conditions efficientes de l'abaissement des risques menaçant la sécurité collective. Mais légiférer dans l'urgence en instrumentalisant l'émotivité populaire plutôt qu'en la dépassant, se soustrait à la distanciation nécessaire au raisonnement, au débat et à l'analyse que l'on est en droit d'attendre de l'activité gouvernementale. Cette stratégie d'emballement conduit à étourdir l'opinion sous une avalanche de textes, à brutaliser l'institution législative et à élaborer des lois nombreuses, inadaptées voire liberticides.


L'indispensable empathie à témoigner aux victimes de crimes et d'accidents ne doit pas être la seule compétence à développer pour comprendre et décider. Si l'émotion collective, aussi légitime soit-elle, acquiert avec l'encouragement des représentants de l'Etat la préséance systématique sur la réflexion, la justification généralisée de l'autodéfense - par conséquent le chaos social contre lequel les stratégies sécuritaires prétendent lutter - fait figure de suite logique. C'est une politique démagogique et antidémocratique que celle qui réagit plutôt qu'agit, use de la victime comme d'un étendard, prétend faire de la singularité un critère universel - ce qui conduit à produire une nouvelle loi à chaque cas particulier dépassant le précédent. De cette précipitation et de cette surenchère, la justice sort en haillons et l'arbitraire en manteau de roi.


Les lois sur la prévention de la délinquance, la récidive, la comparution pénale des aliénés, la rétention de sûreté sont de cette farine, édictées en réaction à des faits divers pénibles ayant fortement excité le corps médiatique. C'est particulièrement le cas aussi des propositions et lois successives qui en 2007 et 2008 (1) ont visé les chiens dits dangereux - catégories créées par une loi de 1999 malgré la désapprobation des acteurs de la sphère cynophile, de la santé et de la protection animales -, et alourdi les contraintes liées à leur possession sans s'interroger sérieusement sur les causes diverses des morsures accidentelles. Mais les similitudes à mettre en perspective ne s'arrêtent pas là.

Au sein des professions médicale et judiciaire, de nombreuses voix se sont élevées contre la loi de rétention de sûreté du 25 février 2008 ; à l'occasion de la sortie de ses décrets d'application le 4 novembre dernier, un collectif de praticiens a lancé une pétition invitant les experts psychiatres à ne pas participer à sa mise en œuvre et s'insurgeant contre le principe qui la charpente : la dangerosité potentielle qui caractériserait certaines personnes ayant terminé de purger une peine égale ou supérieure à 15 ans de prison pour des crimes sur mineurs ou des crimes aggravés sur majeurs. Décider en commission d'enfermer pour un temps peut-être indéterminé des ex-détenus, non aliénés puisque non placés en hôpital psychiatrique, pour des faits qu'ils n'ont pas commis mais qu'ils seraient susceptibles de commettre à l'avenir, prend en effet une sombre couleur d'anticipation (aux deux sens du terme) à la « Minority Report ». Alors même que les moyens suffisants ne sont pas consentis pour assurer des soins psychologiques aux détenus qui le nécessitent, que la surpopulation carcérale induit une péjoration de leur état, on entreprend la punition, non du réel, mais de l'irréalisé, non de l'avéré, mais du possible.


Or cette notion de dangerosité virtuelle est la pierre angulaire de l'arsenal législatif anti-chiens. Les deux catégories de chiens dits dangereux (1ère catégorie « chiens d'attaque », 2ème catégorie « chiens de garde ou de défense »), qui ne correspondent à aucune nomenclature scientifique ou usuelle, rassemblent des races et des morphotypes qui seraient potentiellement dangereux, génétiquement programmés pour exprimer de l'agressivité envers l'homme. Zootechniciens et responsables cynophiles ont en vain démontré, données éthologiques, statistiques et comparatives à l'appui, l'inanité de cette discrimination au faciès canin qui ne tient aucun compte de la socialisation, de l'éducation, des conditions de vie de chaque animal, puisqu'elle a été maintenue dans la dernière loi. Mais outre cela, celle-ci autorise les maires et les préfets à contraindre les propriétaires de n'importe quel chien à faire évaluer par un examen médical sommaire la dangerosité potentielle de leur animal - en cas de mauvais résultat, celui-ci peut être saisi et euthanasié, n'aurait-il même jamais couru après un chat ou une poule (2).


Comme si le chien domestique, qui accompagne et assiste étroitement l'homme depuis 14000 ans environ, dont l'existence même est un produit des sociétés humaines, devenait par principe une anomalie dont il faudrait désormais se méfier.


Comme si avec la rétention de sûreté, les peines-plancher, les indignes conditions de détention, l'aggravation des sanctions contre les mineurs, les tentatives pour identifier dès la petite enfance des potentialités criminelles, la régulation spatiale et temporelle du délinquant finissait par se mêler étroitement à son essence.


A quoi s'ajoutent les graves élucubrations présidentielles sur un déterminisme biologique de la pédophilie (3). Nous y sommes : des chiens génétiquement dangereux ; des hommes génétiquement dangereux.

De cas limites, on fait une norme. Le réel - l'espèce canine est généralement peu dangereuse (4) , cède la place au fantasme - tous les chiens à partir d'une taille moyenne sont potentiellement dangereux et par conséquent redoutables. Dans la législation comme dans l'opinion publique, se produit similairement un autre glissement d'appréciation très sensible : tout criminel est potentiellement un fou, tout fou potentiellement un criminel. Ce sont tous les condamnés pour crime ou viol ayant purgé leur peine que la rétention de sûreté invite la population à craindre. La législation a créé une catégorisation déterministe du danger chez le chien comme chez l'homme. Lors de leur procès (5), certains condamnés à 15 ans de prison pourront donc être décrétés potentiellement récidivistes, d'autres non - avant qu'un crime bien médiatique commis par tel récidiviste précédemment condamné à 10 ans « n'oblige » un jour à étendre le champ d'application de la loi...


Il est fréquent d'ailleurs que les pédophiles et criminels récidivistes soient désignés selon une terminologie animale ; « prédateur » est couramment employé. Les chiens catégorisés sont présentés par les médias généralistes comme des bombes à retardement sur pattes, suscitant ainsi la terreur ou au contraire une attirance trouble de la part de personnes qui se valoriseront de les dominer, alors que les chiens mordeurs de tout morphotype sont souvent des animaux en souffrance ou grave carence éducative. Le traitement médiatique des affaires de pédophiles et d'assassins n'est pas éloigné, faisant de ces criminels des puissances diaboliques et des génies du mal, figures susceptibles d'inspirer à certains une fascination morbide et qui correspondent peu à ce qu'ils apparaissent au regard des spécialistes qui les examinent (6).

Les défenseurs de ces lois pour les chiens et les hommes utilisent le même écran argumentaire : la protection des citoyens. Mais bien au-delà de cette mission, dans les deux cas se tend progressivement une volonté de circonscrire tout risque, potentialité, éventualité, qui prend le tour d'une pathologie sociale inquiétante. Lutter contre les conditions qui induisent les accidents et les crimes ne signifie pas que l'on puisse prévoir et empêcher jusqu'au degré zéro de la contingence. Qu'est-ce enfin que prétendre contrôler tout le champ des possibles, si ce n'est une folie totalitaire ? Si ce n'est nier le temps, l'histoire, la complexité, tenter de figer la société dans un carcan insufférable censé incarner un monde idéal qui n'existe pas ?


Pour le chien comme pour l'homme, une peine sans infraction. Pour animaliser l'humain, ne dirait-on pas qu'il suffit de piocher des idées dans la législation et les pratiques concernant son commensal ?... Le libéralisme pour la finance, la domestication pour les consciences : une monstrueuse entreprise de régulation, avec le ciment gluant de la peur entretenue de monstres dentus, concupiscents ou fanatiques pour s'assurer le silence de multitudes, est à l'œuvre : la Société de Contrôle, tueuse d'esprit. « Nous assistons alors, impuissants, à l'élaboration de règles visant à organiser le ''parc humain'' - pour reprendre l'expression du philosophe Peter Sloterdjik - aux conséquences immenses », écrivait Jean-Luc Pujo dans le numéro 6 du Sarkophage ; visant à le ficher, le trier, le catégoriser, le pucer, l'identifier par ADN, l'empêcher de se mixer - en témoigne l'incroyable durcissement des contraintes administratives visant actuellement les couples franco-étrangers. Classique et banal pour les cheptels d'animaux sélectionnés. Inadmissible pour les êtres humains.

Pour les détenus comme pour les chiens, c'est sur une évaluation médico-psychologique menée par des experts, psychiatres dans le premier cas, vétérinaires agréés par les préfets dans le second, que la législation fait reposer le diagnostic décisif, aux allures de pronostic, de cette dangerosité (7). C'est une responsabilité que de nombreux psychiatres refusent d'assumer, s'élevant contre l'instrumentalisation du savoir médical en pouvoir prédictif, affirmant que le couplage systématique entre crime et maladie est une idéologie et non un fait, et que ce dispositif ne règlera en rien le problème des criminels récidivants mais permettra, au nom du principe de précaution, d'incarcérer de plus en plus de condamnés en fin de peine - la première mouture de la loi visait d'ailleurs seulement les agresseurs sexuels. On se demande en outre à quelle aune sera jaugée cette « dangerosité très probable » alors qu'en matière de crimes, le taux de récidive est très faible (8).


A certains éléments près, les mêmes critiques peuvent être adressées à l'évaluation comportementale visant l'ensemble de la population canine. Non que l'importance des deux questions soit égale ; mais il appert qu'elles reçoivent un traitement proche. La législation animale servirait-elle donc ainsi de laboratoire à la nôtre ? Il serait alors instructif d'observer tout ce qui se fait déjà pour nos compagnons à quatre pattes... La loi précitée du 20 juin 2008 a instauré une journée de formation pour les maîtres des chiens catégorisés, nécessaire pour obtenir, outre les contraintes précédemment établies, un obligatoire permis de détention ; notons que depuis le 1er septembre dernier, chez nos voisins helvètes, il faut une formation et un permis pour la possession de n'importe quel chien. L'éducation canine, exercée en club ou chez des professionnels, est une discipline parfaitement utile. Mais sommes-nous donc tous destinés à demander permission pour avoir un chien ? Nous faudra-t-il un jour passer aussi une formation et recevoir un permis pour nos enfants ? Boutade ? Cauchemar futuriste ?... Voire.


La formation est déjà une réalité. Quatre cent parents d'élèves scolarisés en sixième dans l'académie de Créteil, après avoir assisté à trois conférences préparatoires, ont effectué à partir de janvier, par petits groupes, une formation de 50 à 90 heures. Parmi les thèmes abordés, l'heure du coucher, l'utilisation des ordinateurs et des consoles. Ce « coaching parental » est à présent proposé également par des structures privées, supposées enseigner aux parents l'organisation et la communication familiales. Et bientôt des cours pour expliquer comment témoigner de l'amour à son enfant ?... Considérons en outre ces deux faits qui se sont déroulés en 2007 en Grande-Bretagne : deux frères ont été condamnés en justice parce que leur labrador était trop gros. Un garçonnet obèse a failli être retiré à sa mère avant que les services sociaux ne se ravisent - plus simple d'envisager de sanctionner les parents d'enfants en surcharge pondérale que d'œuvrer par exemple au niveau du contenu des aliments industriels ou des causes psycho-sociales de l'obésité (9).

Démarches incongrues dans les deux cas ; mais c'est en empruntant une pente verglacée par l'habituation, l'accumulation d'informations, le contrôle du niveau d'alerte que la réalité atteint dans les esprits, que l'on passe de l'un à l'autre. Il est donc indispensable de s'interroger sans cesse sur la nature profonde et la consubstantialité, dans la même sphère civilisationnelle, de faits dont la propagande médiatico-politique officielle, à grands coups de « gestion de la perception », voudrait que l'on n'appréhende pas. De nos jours, le réel n'est que rarement occulté, mais plutôt discret, décoloré, temporaire ; sa représentation orientée prend presque toute la place avant que ce qu'il en reste ne rejoigne le casier à oubli, nous baignant dans un présent aliéné, socialement myope et politiquement conservateur.

Sans s'adonner à un décryptage paranoïaque de tout, un effort de vigilance et de résistance à la pression mentale indique que nous basculons peu à peu dans l'aberration anthropologique. Prendre un chien, s'occuper de ses enfants... Plus rien d'évident, d'élémentaire, de basique. On s'emploie à nous ôter le sens, la responsabilité, la maturité, la raison, la pensée. L'Etat policier et sécuritaire guide, forme, autorise, surveille, infantilise, culpabilise, maîtrise, manipule, s'introduit comme jamais dans la sphère intime.


Condamnés définitivement effacés, délinquants entassés, et tous les cerveaux matés.


Vous avez peut-être un chien, qui gambade et joue dans le jardin. Savourez encore avec lui le goût de la liberté...


(1) Loi du 5 mars 2007 (relative à la prévention de la délinquance), propositions de loi 3635 du 30 janvier 2007, 204, 208, 211, 213, 235 du 27 septembre 2007 de l'Assemblée Nationale, proposition de loi 444 du 18 septembre 2007 du Sénat, projet de loi gouvernemental n°29 du 11 octobre 2007, loi du 20 juin 2008.

(2) On peut craindre qu’il ne fasse désormais pas bon, pour un propriétaire de chien, être en conflit pour quelque raison que ce soit avec l’équipe municipale de sa commune. Ce texte peut être une porte ouverte à des abus et des règlements de compte. La loi du 20 juin 2008 initie en outre, entre autres mesures, un fichage des propriétaires de chien.

(3) « La vision d'un gène commandant un comportement complexe tels que ceux conduisant à l'agressivité, à la violence, à la délinquance, à la dépression profonde avec dérive suicidaire, est ridicule et fausse. » Axel Kahn, « La vieille obsession de la nouvelle droite », Marianne, 31/03/07.

(4) 8 millions de chiens en France. 39 cas de morsures mortelles entre 1984 et mars 2009, dues à 42 chiens (dont 8 chiens de races ou morphotypes catégorisés en 1999).

(5) La rétention ne sera applicable que si la cour d'assises, lors du procès, en prévoit la possibilité.

(6) Daniel Zagury et Florence Assouline, « L’énigme des tueurs en série ». Plon, 2008.

(7) Dans les deux cas, la loi prévoit les conditions de la réitération de l'évaluation.

(8) Moins de 1% pour les homicides volontaires ; 1,8% pour les viols. Infostat Justice.

(9) Connor, 8 ans, refuse les fruits et les légumes. Sa mère, dépressive, l'élève seule. Dans leur ville de banlieue pauvre près de Newcastle, il y a beaucoup de jeunes mères accompagnées d'enfants trop gros. La Grande-Bretagne a le plus haut taux d'obésité d'Europe (20% de la population).

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Commentaires

Quel souffle dans cet article ! Merci de nous l'offrir à lire. Un peu de lucidité en plus après la lecture.
Que la soirée soit lumineuse.

Ecrit par : michelgonnet | 24.04.2009

Merci, Michel. Très bonne journée à vous.

Ecrit par : Sophie | 25.04.2009

J'avoue j'ai survolé. Entre autres par l'effort que demande différentes dimensions de l'article, mais j'ai saisi quelques noeuds autour de thématiques comme simplification (essentialisme) et manipulation qui me sont chères et dont je rejoins de très près le traitement (ce qui ne m'a pas poussé à faire l'effort!;_)... C'est quasiment un travail de salubrité civique que vous faites là! Avec toujours cette plume qui donne au propos la vigueur éclairante d'une lumière qui devrait se faire! A mes yeux, un fort beau travail - dans les différentes dimensions de l'expression!

Ecrit par : complexus | 30.04.2009

Merci beaucoup, Complexus. Simplification et manipulation, deux armes redoutables en effet, au service de l'horreur totalitaire en marche. Comme disait Foucault, c'est par ses marges qu'on comprend le fonctionnement d'une société; ici par exemple le traitement législatif, politique et médiatique des criminels en fin de peine et des chiens.

Ecrit par : Sophie | 01.05.2009

Merci d'attirer l'attention sur la façon dont la démocratie est en train de s'effriter dans notre pays. Un gouvernement plus soucieux de la popularité (qu'il n'a pas au demeurant) et de son propre confort que de la cohérence, qui a oublié les 3 piliers fondateurs de la république, qui souffle sur les braises de la peur et de la haine, et qui restreint chaque jours un peu plus les libertés individuelles fait réellement souci! Pour moi, nous ne sommes pas en démocratie, du moins au sens étymologique: pouvoir détenu par le peuple. La question que je me pose souvent est la suivante: y a-t-il un moment où l'on se rend compte qu'on glisse vers la dictature, avant qu'il ne soit trop tard?
Je suis très en souci, d'autant que nous ne pouvons nous exprimer qu'une fois tous les cinq ans, et que pour le moment il n'y a personne en face du Nain-Sectaire (désolée pour le fromage)…

Ecrit par : L'atelier d'Annik | 01.05.2009

Bienvenue, Annick, et merci pour votre commentaire.
On s'en rend compte, oui, en tout cas certains d'entre nous, car nous y sommes : notre présent est celui du glissement vers la dictature. La démocratie est éviscérée, nous n'en avons que l'enveloppe. Il faut espérer que nous soyons de plus en plus nombreux à résister, à dénoncer, à tirer le corps social pour lui faire remonter la pente savonneuse... S'exprimer par les urnes et par la rue sont deux stratégies complémentaires.
Le "nain-sectaire", excellent !....

Ecrit par : Sophie | 01.05.2009

je t'invite à voir mon dernier écrit pour isabelle et en même temps te faire découvrir une de ses dernières chansons .
bonne soirée à toi
amitiés
tony

Ecrit par : tony | 02.05.2009

Bonjour Sophie.

Ce rapprochement est en effet très intéressant et montre le problème sous un nouveau jour.

Vous survolez une problématique que je trouve très importante, à savoir ce contenu des aliments industriels. Ce que je trouve effarant est d'un côté cette liberté grandissante qu'ont les industries pour mettre dans leurs produits des addictifs, substituts et sucres en tous genres, et de l'autre côté l'infantilisation des humains.

Fumer tue. Pourquoi l'industrie du tabac coupe-t-elle celui-ci avec mille et un produits nocifs et addictifs ?

Manger 5 fruits et légumes. Et autant de pesticides ? 5 fruits et légumes et 3 repas au McDo, ça marche ?

Faites 10 minutes d'activité sportive par jour. Mais aidons l'industrie automobile pour qu'elle continue à nous vendre ses bolides. Et regroupons les commerces en périphérie pour être sûr que tout le monde prenne sa voiture.

Ma préférée :
Ne laissez pas couler votre robinet. Chacun sait que c'est le citoyen qui laisse couler l'eau qui est responsable des désastres écologiques. Tous coupables, pas de coupable. Il ne manque plus que "finis ton assiette et pense à ceux qui meurent de faim" pour parfaire le citoyen dans son rôle de garnement.

Infantilisation est le maître-mot. Et les enfants ont peur des monstres. Et quand ils ont peur, ils se cachent sous leur couette et écoutent Sarkozy dans son rôle de papa protecteur.

Encore merci,
RémiZ

Ecrit par : RemiZ | 07.05.2009

Bonjour, RemiZ, et merci. Je suis bien d'accord. Infantiliser l'humain est en effet une stratégie globale efficace pour mieux le contrôler, à tous les échelons de la vie. Les activités de "coaching" se multiplient.
La santé publique n'est rien au regard de l'intérêt financier des industriels, par conséquent de leurs dirigeants et actionnaires, par conséquent des profiteurs du système. Le néolibéralisme ne fait pas qu'exploiter. Il tue.
Il nous faut une autre société !

Ecrit par : Sophie | 07.05.2009

Ton constat complet sur l'attitude légiférante actuelle ne ressort d'aucune vision sociétale mais n'existe qu'à des fins électoraliste corporatiste bien maitrisée via le contrôle des médias amenés à porter l'attention sur des faits divers choisis engendrant le tout sécuritaire de l'electorat de sarkozy!
une fois de plus ce dernier maitrise à merveille l'aspect communication zappeur, ce qui lui permet de d'ériger en "proche du peuple" qui s'occupe de ses peurs quotidiennes pour mieux maitriser sa liberté d'action, son laisser aller!

triste société qui brule sur ses angoisses et sur laquelle Sarkozy met de l'huile avec habilité en la privant de liberté pour mieux la contrôler tout en lui donnant l'impression de la protéger. tout cela est si pervers....

Ecrit par : enzo d'aviolo | 26.05.2009

Merci, Enzo, et bien d'accord avec toi. Manipuler la peur, excellent moyen de contrôle... Comme d'abaisser par tous les moyens le niveau conscience politique au sein du peuple. De la com, de la com avant toute chose...
Tu emploies le mot pervers, ça me semble particulièrement pertinent ; c'est une vision quasi-sadienne de la société que ces bons princes de l'exploitation ultralibérale nous proposent : user du peuple comme bon leur semble...

Ecrit par : Sophie | 26.05.2009

Bonjour Sophie, et félicitation pour votre article.
Je vois que vous êtes une lectrice attentive du SARKOPHAGE.
je vous en félicite.
Salutations républicaines !
Jean-Luc Pujo

Ecrit par : Pujo jean-luc | 29.05.2009

Bonjour Jean-Luc, bienvenue et merci pour votre commentaire. Oui, je lis le Sarkophage depuis ses débuts et me trouve en accord avec quasiment tout ce que j'y lis. Avant de le mettre sur mon blog, j'avais d'ailleurs envoyé cet article à Paul Ariès, mais je n'ai reçu aucune réponse.
Salutations républicaines de même et au plaisir de converser avec vous sur la toile.

Ecrit par : Sophie | 30.05.2009

Je n'aboierai pas c'est promis, je hurlerai plutôt à la mort puisque c'est la pleine lune. Dans le même ordre d'idée, mais en plus jeune dans la fibre ultra sécuritaire, ce que ma sensibilité ne peut taire.

"Dépistage précoce chez les gosses"

Avis à la population, les moutards et autres délinquants en puissance n’ont qu’à bien se tenir car dorénavant on sera sur leur dos dès leur entrée en maternelle et finie les errements et les histoires ils n’imaginent pas encore ce qui les attend mais ils ne tarderont pas à découvrir que la scrutation des comportements va s’exercer avec une rigueur toute sarkozyenne…chienne de vie.

C’est que tous ces dangereux individus qui s’ignorent ne peuvent être laissés ainsi et doivent être remis dans le droit chemin le plus tôt possible avec des mesures de rétorsion ou de coercition qui leur feront comprendre qu’on ne badine pas avec l’ordre et la discipline et qu’il faut se plier à des règlements sans rechigner faute de quoi on sera catalogué comme un dangereux opposant.

Une nouvelle police du politiquement correct s’organise donc pour contrôler et mettre sous observation cette fraction à haut risque de la population qui sur un versant mauvais pourrait glisser dans la pente des fréquentations peu avouables et hasardeuses ; mieux vaut prévenir que guérir c’est fort de cette maxime un maxime à liste même que l’on va établir ceux qui ont besoin d’être rééduqués.

Pour un peu et on reconnaîtrait les physiocrates et autres tenant d’études de morphologie capables de nous expliquer pourquoi tel ou tel est de la graine de bandit sans se poser une seule seconde la question du déterminisme social qui pourtant peut rimer avec banditisme

L’éradication du mal et de tous ces fléaux sociaux que sont la drogue et la bêtise congénitale ou encore le mauvais esprit et même l’indiscipline voire l’esprit critique appellent de notre part la collaboration la plus totale et les efforts les plus notoires pour extirper de cette jeunesse rebelle la moindre velléité de conscience et de discussion de l’autorité.

Toutes les conduites déviantes seront maintenant sous monitoring fin et le premier qui bouge, qui relève la tête ou qui diffère par trop de la norme sera sorti du lot et pris en main pour le bien de tous et le sien en premier lieu.

Non content d’aviser ce suivi des prémices pour localiser les sévices en devenir on va en plus procéder à un flicage via la vie scolaire qui va autoriser un marquage à la culotte et dans une transparence absolue sans aucun arbitraire permettre de désigner les moutons noirs et les angelots.

Par quel manichéisme nos étroits ministres avides de pouvoir et désireux de réformes peuvent ils imaginer un seul instant que ces mesures para-éducatives
Vont résoudre des problèmes réels qui ont d’abord nom d’inégalités accrues, de difficultés sociales, de dépistage tardifs des handicaps mais aussi d’un manque cruel de moyens humains dans le domaine psycho socio médical afin d’apporter les conseils, l’orientation et les soins nécessaires à des enfants en difficulté.

Finalement quid de la modernité avec la remise en cause de nos certitudes et nos références pour accepter que le monde à venir puisse être différent et qu’il est porteur de sa propre vérité et de son propre espoir.

Le dogme de l’infaillibilité sera-t-il encore de circonstance qu’il faille se sentir totalement légitimé pour bannir des innovations et des expérimentations pédagogiques pour nous enfermer dans de nouveaux carcans sécuritaires afin de rassurer ceux que la psychose des banlieues a frappé, ceux que le seul discours de fermeté et de reprise en main dans une nostalgie à la mémoire courte fait oublier que le monde d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier pas plus que ne sera semblable celui de demain.

Ecrit par : thierry | 08.09.2009

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