04.07.2007
Fillon et Laporte, discursivité comique comparée
La Croissance, vous connaissez forcément ? En attendant que faute de nourriture, d’eau et d’air frais à nous mettre sous la dent, nous soyons tous obligés, dans un avenir plus ou moins proche, de décroître salement, notre salut économique (mais non pas économe) passe par la Croissance. C’est ce que nous expliquent en tout cas les spécialistes, comparant notre petite croissançounette fatiguée à la terrifiante méga-croissance des pays dits « émergents », qui grâce à des méthodes de managements ayant fait leur preuve chez nous au temps des « Misérables », s’apprêtent à nous avaler tout cru.
Mais ce que je ne savais pas, pauvre ignorante, c’est qu’il y avait deux croissances : la dure, et la molle. La première est géniale, la seconde est nulle. C’est ce que nous a expliqué le 3 juillet dernier, au journal de 20 heures de TF2 (pardon France 2, mon doigt a bizarrement fourché), notre premier ministre, qui en dépit de sa virile chevelure aile-de-corbeau ressemble à Ashley Wilkes dans « Autant en Emporte le Vent » (le second rôle digne et raffiné mais falot). Alors voilà : prendre d’énergiques mesures pour réduire notablement nos somptueux mille milliards d’euros de dette, ce serait extrêmement utile, certes, mais manquerait singulièrement de panache : ce serait « la croissance molle »…
D'après ce que j'ai compris, la croissance dure, par contre, survient automatiquement quand on agrandit le trou. Mais pas pour n’importe qui : au profit… comment ? De la recherche, de l’enseignement, de la solidarité, de l’emploi des jeunes ? Non, non, çà c’est encore du mou, du petit bras, du compte d’apothicaire, du bête bon sens. La dette, on la creuse au profit des plus fortunés, en comptant sur leur propension bien connue à la philanthropie pour réinjecter les économies qu’ils auront ainsi réalisées dans les entreprises et la consommation et non dans l’épargne. Une vision grandiose, ambitieuse, risquée, mâle, dure quoi…
Je préfère encore écouter les joyeuses bourdes de Bernard Laporte, notre inénarrable prochain sous-ministre aux Sports, qui interrogé (au même journal, le 2 juillet) sur la façon dont il se prépare à son futur poste ministériel, a confié que le soir, une fois l’entraînement du XV de France terminé, il se « documentalise » en lisant quelques dossiers. Lui, au moins, il me fait rire. Alors que Fillon, en me jouant du pipeau, me fait pleurer.... de rage.
11:45 Publié dans Coups de nerfs | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Fillon, Laporte, politique, économie, dette







Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://chez-sophie.hautetfort.com/trackback/1126583
Commentaires
il a pas du bien lire Keynes Fillon c'est pour ça!
Ils sont tous absorbés par le monétarisme et la recherche du 0 impôts est leur rêve le plus absolu.
On est mal barré!
C'est pénible de le répéter, mais vraiment ta plume est super agréable et drôle à lire. o;-)
Ecrit par : enzo d'aviolo | 25.07.2007
Ecrire un commentaire